En 1944, des dizaines de tirailleurs avaient été exécutés par l’armée française près de Dakar. Six d’entre eux viennent d’être reconnus « Morts pour la France », mais beaucoup restent à faire pour comprendre les circonstances de ce drame. Le massacre de Thiaroye est un événement tragique de l’histoire. La commémoration de cet événement marquant vise à honorer la mémoire des victimes et à reconnaître l’importance de leur sacrifice
Après être revenu sur la décision de la France. Le Premier ministre Ousmane a annoncé la formation d’un comité spécial pour la commémoration du 80e anniversaire du massacre des tirailleurs sénégalais à Thiaroye, près de Dakar. Une initiative qui a été officialisée par un arrêté signé cette semaine. Toutefois, « l’arrêté détaillant la création, l’organisation et le fonctionnement de ce comité sera suivi de la publication, au cours de cette semaine, de l’arrêté de désignation des membres du comité. Avec un groupe qui comprendra des personnalités africaines et étrangères. », souligne le porte-parole du gouvernement Amadou Moustapha Njekk Sarré.
Dans le même sillage, une journée sera dédiée aux populations de Thiaroye afin de recueillir leurs témoignages et leurs perspectives spécifiques. L’événement donnera lieu à la rédaction d’un « Appel de Thiaroye visant à perpétuer le travail de mémoire autour de cette tragédie », a-t-il ajouté.
Historiens, artistes et militants de diverses disciplines croiseront ainsi leurs regards pluriels sur un pan douloureux mais essentiel de l’histoire. Pour rappel selon le bilan dressé par les autorités françaises à l’époque, au moins trente-cinq (35) tirailleurs avaient trouvé la mort, sur place ou des suites de leurs blessures. Ainsi, ce chiffre est, encore aujourd’hui, sujet à controverse, des historiens l’estimant beaucoup plus élevé. Le lieu d’inhumation des soldats tués, dans des tombes individuelles ou des fosses communes, à Thiaroye ou ailleurs, fait également débat. Et la commémoration du 80e anniversaire du massacre des tirailleurs du camp de Thiaroye pourrait bien constituer une nouvelle source de tensions. En cause, la version des autorités françaises sur ce massacre et le nombre exact de victimes.