Dans un communiqué, le mouvement République des Valeurs – Diaspora Europe jette une lumière crue sur un dossier embarrassant pour les autorités sénégalaises : le projet d’électrification rurale confié à la société AEE Power EPC. Le cœur du scandale ? 37 milliards de FCFA (56 millions d’euros) déjà décaissés, mais dont la justification de l’emploi reste introuvable, tandis que 1 600 villages attendent toujours l’électricité.
« 1 600 villages dans l’obscurité, 37 milliards dans les ténèbres
Une délégation du gouvernement sénégalais s’est récemment rendue en Espagne afin de rencontrer l’agence de crédit à l’export, la Cuenta del Estado Compañía Española de Seguros de Crédito a la Exportación (CESCE), et éventuellement la banque Santander. L’objectif affiché de cette mission était de trouver un arrangement pour lever la suspension des décaissements et permettre la poursuite du projet confié à AEE Power EPC.
Or, cette démarche se heurte à une exigence simple et légitime : la justification de l’utilisation de l’avance de 56 millions d’euros (environ 37 milliards de FCFA) remise à la société AEE Power EPC. À ce jour, les autorités compétentes semblent être dans l’incapacité de produire des éléments probants sur l’affectation réelle de ces fonds. Cette délégation n’a pas été reçue par les autorités du CESCE.
Ce qui est demandé n’a pourtant rien de complexe : fournir la liste exhaustive des villages effectivement électrifiés grâce à ce montant de 37 milliards de FCFA déjà décaissés, ainsi que des preuves de l’effectivité des travaux réalisés.
L’ASER affirme urbi et orbi que le projet se déroule sans heurts. Pourtant, 18 mois après le décaissement, sur un projet prévu pour durer 36 mois, le niveau d’exécution devrait être d’au moins 40 %, soit environ 600 villages électrifiés. Où sont-ils ? Quels sont-ils ? Pourquoi aucune liste claire, vérifiable et opposable n’est-elle rendue publique ?
Au nom de la crédibilité du Sénégal auprès de ses partenaires techniques et financiers, il est impératif de restaurer et de cultiver une véritable culture de transparence et de reddition des comptes. Il en va non seulement de l’image de notre pays, mais aussi de la confiance des populations rurales laissées dans l’obscurité.
Ces pratiques nourrissent les disparités sociales et poussent nos jeunes à l’émigration clandestine, au péril de leur vie.
C’est pour cette raison que nous avons manifesté ce jour devant le siège de l’agence de crédit CESCE, ainsi que devant celui de la société AEE Power EPC, afin d’appeler les autorités espagnoles à la plus grande vigilance face à ce qui présente tous les traits d’une véritable nébuleuse.
Nous réaffirmons notre détermination à obtenir la vérité sur l’utilisation de ces fonds et à défendre les droits des 1 600 villages toujours plongés dans le noir, alors que 37 milliards de FCFA demeurent dans les ténèbres de l’opacité.
République des Valeurs – Diaspora Europe », peut-on lire dans le communiqué.