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AIRES MARINES PROTEGEES:: Le Sénégal, modèle international de conservation

 

 

Le Sénégal se positionne comme un acteur clé de la conservation marine, à l’occasion de la préparation du 6ème Congrès International sur les Aires Marines Protégées (IMPAC6), qui se tiendra à Dakar en 2027. Cet événement représente non seulement une étape majeure dans la gestion durable des océans mais aussi un levier stratégique pour renforcer l’engagement mondial en faveur de la protection des espaces marins. Le Sénégal, en organisant cet événement historique pour l’Afrique, bénéficie de l’Accord International sur la Haute Mer (BBNJ) signé en juin 2023 à New York, un outil juridique crucial pour l’avenir des océans.

L’IMPAC6 ne sera pas un simple rassemblement scientifique, mais un catalyseur pour accélérer les actions concrètes en matière de conservation marine. Lors de la réunion de préparation, le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique du Sénégal, le Pr Daouda Ngom, a souligné l’importance de cet événement. Selon lui, ce congrès doit être une plateforme de mobilisation pour les États membres et un espace propice à l’élaboration de stratégies de conservation marine adaptées aux défis contemporains. Il a insisté sur la nécessité d’intégrer les engagements de l’Accord sur la Haute Mer dans les discussions, notamment en ce qui concerne la protection des zones marines situées au-delà des juridictions nationales, telles que les zones internationales et les zones économiques exclusives.

L’Accord sur la Haute Mer, signé par de nombreux pays, offre un cadre juridique pour la création de zones marines protégées au-delà des frontières nationales. Le Sénégal, en tant qu’hôte du congrès, pourrait tirer parti de ce mécanisme pour renforcer ses initiatives nationales en matière de conservation marine, notamment pour la gestion des aires marines transfrontalières et la mise en place de réserves maritimes ouvertes à la coopération internationale. Le pays peut ainsi promouvoir la création de corridors marins protégés reliant plusieurs nations, favorisant la gestion collective de ces espaces vitaux pour la biodiversité océanique.

L’IMPAC6 constituera une plateforme unique pour les acteurs internationaux, les experts et les décideurs de tous horizons, offrant un espace propice à l’échange des meilleures pratiques en matière de gestion des Aires Marines Protégées. Dans ce contexte, le Sénégal pourra jouer un rôle de leader, en mettant en avant ses propres réussites en matière de conservation marine. Le pays a déjà établi un réseau de 15 Aires Marines Protégées (AMP) et plusieurs réserves maritimes, avec l’objectif ambitieux de protéger 6% de sa zone économique exclusive d’ici 2027.

Le congrès sera aussi l’occasion de discuter des défis liés à la mise en œuvre des objectifs du Cadre mondial de la biodiversité, notamment l’initiative 30×30 qui vise à protéger 30% des zones marines d’ici 2030. En réunissant les parties prenantes de la gestion des AMP, l’IMPAC6 permettra de définir des lignes directrices et des mécanismes financiers pour la conservation des océans à l’échelle mondiale, tout en renforçant la coopération sud-sud et nord-sud.

Le rôle du Sénégal dans l’organisation de cet événement est aussi de promouvoir la place de l’Afrique dans la gouvernance mondiale des océans. Le ministre Pr Daouda Ngom a souligné que l’Afrique, avec ses vastes ressources marines et son potentiel pour l’économie bleue, doit jouer un rôle central dans les dynamiques de conservation marine. Le Sénégal pourrait ainsi s’appuyer sur ses projets en cours, comme la création de trois aires marines hauturières protégées et une aire transfrontalière avec la Mauritanie, pour promouvoir des solutions de gestion innovantes, adaptées aux réalités africaines.

L’intervention du ministre Pr Daouda Ngom a été un moment fort de la réunion. Son discours a mis en exergue la vision du Sénégal pour l’IMPAC6, soulignant non seulement l’importance scientifique et technique de l’événement, mais aussi son potentiel à influencer les politiques internationales en matière de conservation des océans. En déclarant que ce congrès « doit devenir un levier pour accélérer les engagements internationaux en matière de conservation des océans et de gouvernance marine », le ministre a clairement défini l’objectif stratégique du Sénégal : faire de cet événement un catalyseur pour des actions ambitieuses et concertées à l’échelle mondiale.

Son appel à une gouvernance marine plus inclusive et à une collaboration renforcée entre les nations et les acteurs du secteur privé a résonné comme un impératif pour la protection durable des océans. Le Pr Ngom a également souligné que la transition écologique du Sénégal passait par une gestion durable de ses ressources maritimes, un message qui renforce la position du pays en tant que modèle pour les autres nations africaines et au-delà.

 

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