Le ministre de la Justice, Ismaila Madior Fall a, samedi dernier, présidé l’assemblée générale annuelle de l’Union des Magistrats sénégalais (UMS) édition 2023 à l’issue de laquelle le Président sortant, le magistrat Chimère Diouf a été reconduit par 215 voix contre 51. Lors de cet évènement, le Garde des Sceaux a défendu les magistrats qui dernièrement sont voués aux gémonies par une certaine partie de la population. « Cette magistrature est, malgré les attaques de toute part, surtout en ces temps de sur médiatisation, restée collée à son devoir de réserve, avec son corollaire, à savoir le principe de neutralité », a déclaré le ministre de la Justice. Avant d’ajouter : « elle n’a pas choisi de faire de sa fonction un instrument de propagande quelconque ». Le Garde des Sceaux a également salué la ligne de communication choisie par le bureau de l’UMS qui n’a pas été « dans le populisme », et n’a fait que des « sorties médiatiques opportunes », notamment pour préciser, voire rappeler à l’opinion, les valeurs et principes qui régissent la profession de magistrat. Cependant, de l’avis du ministre, il y a aussi des moments où le magistrat a besoin, par la solidarité de corps, se sentir protéger lorsqu’il est attaqué de toute part et sans aucune raison objective.
«LA MAGISTRATURE N’EST PAS UNE GIROUETTE…»
De ce fait, il loue la « grande sérénité » des magistrats qui, malgré les menaces et tentatives d’intimidation sur leurs personnes et leurs familles, ont fait montre d’un courage à toute épreuve dans l’exercice de leur office juridictionnel. « La magistrature n’est pas une girouette, mais plutôt une boussole devant indiquer obstinément et malgré tous les vents contraires, la direction de la légalité et de la justice. Le seul impératif qui doit la motiver, dans son office, c’est la nécessité de cultiver le culte du droit, qui est la seule voie de salut pour le triomphe du droit et de l’État de droit, étant entendu que quoi qu’il fasse, le magistrat en général et le juge en particulier sera damné notamment par ceux à qui sa décision n’a pas donné satisfaction », a soutenu le ministre, exhortant aux magistrats à persévérer dans le respect des valeurs et principes auxquels leur fonction et leur serment les astreignent, dans le but de servir la loi et aucun autre pouvoir.