Des centaines de fidèles musulmans en majorité de la confrérie mouride ont participé mardi à la place Beuya-Ndar (ex-Faidherbe) à la cérémonie commémorative de la prière des deux «Rakkas» , effectuée par Cheikh Ahmadou Bamba, fondateur du mouridisme, le 5 septembre 1895 dans le bureau du gouverneur de l’Afrique occidentale française (Aof) avant d’être exilé au Gabon, a constaté l’Aps.
Au terme de cette prière célébrée chaque année à cette date, par la communauté mouride, pour commémorer cet acte de Cheikh Ahmadou Bamba, certains fidèles ont profité de cette occasion, pour visiter certains locaux de la gouvernance de Saint-Louis, notamment la chambre qui a accueilli le guide religieux durant son passage au bureau du gouverneur colonial.
Le président de la commission culturelle Serigne Moustapha Diakhaté du +Kurrel des deux Rakkas+ a «félicité les populations de Saint-Louis ont effectué massivement le déplacement, en plus de ceux qui ont quitté Touba où ils ont pris part à la 129e édition du Grand Magal, pour venir commémorer avec nous, cet acte héroïque du Cheikh».
Il a expliqué que la décision de perpétuer cet acte est conforme au «ndiguel» de Serigne Abdoul Ahad Mbacké, troisième khalife général des mourides, qui, a-t-il rappelé, en 1976 avait ordonné la tenue de la prière des «deux Rakkas» tous les ans. «Cette année, du fait de la coïncidence de l’évènement avec le grand Magal de Touba, un événement religieux commémorant le départ en exil du Cheikh, la place Beuya-Ndar (ex-Faidherbe), n’a pas accueilli beaucoup de monde comme les années précédentes», a fait noter M. Diakhaté.
Serigne Moustapha Diakhaté a ajouté que cette cérémonie de Saint-Louis a pu se réaliser à travers l’association dénommée «Kurrel des deux rakkas».
Cette association religieuse, pour organiser la prière des deux rakkas, se base sur le calendrier grégorien alors que le Magal est calé sur le calendrier musulman », a fait observer le président de la commission culturelle de cet évènement commémoratif.
Le 5 septembre 1895, venu répondre à une convocation de l’autorité coloniale, Cheikh Ahmadou Bamba a effectué une prière de deux «Rakkas» dans le bureau du gouverneur de l’Afrique occidentale française (Aof), à Saint-Louis, alors qu’il était sur la route d’un exil forcé vers le Gabon.
Cet acte «symbolique et héroïque» est perpétué chaque année par la communauté mouride dans la principale ville du nord du pays.