Plus de quinze jours après les violents affrontements du 1er juin entre les Forces de défense et de sécurité (Fds) et des jeunes manifestants, le gouvernement a fait face à la presse à la primature, hier, pour faire le point. Le Premier ministre et ses collègues de l’intérieur, de la justice et du commerce n’ont pas manqué de pointer un doigt accusateur à l’appel au «Gatsa Gatsa» de Ousmane Sonko comme étant le point de départ desdits évènements. Non sans annoncer des sanctions contre tous les mis en cause.
«Les faits précédemment cités peuvent constituer les prémices de l’effondrement de la démocratie et de la liberté. Face à cela, le gouvernement est déterminé à faire la lumière sur les événements récents et à traduire en justice tous ceux qui ont commis des actes répréhensibles. Nous nous engageons résolument à ce que toutes les personnes impliquées dans ces violences ré pondent de leurs actions», a indiqué Amadou Ba. a lancé un appel à la société civile sénégalaise, aux organisations des droits de l’homme et à la presse pour collaborer avec les services de l’État afin d’obtenir un traitement de l’information «basé sur des faits».
Rappelant les attaques contre certains points «névralgiques», le chef du gouvernement a indiqué qu’il existe des indices «graves et concordants» visant à com mettre des infractions contre l’autorité de l’État et l’intégrité du territoire national. Et d’expliquer que «de façon graduelle et préméditée, des éléments d’information sont supprimés ou discrédités dans certains médias pour brouiller les repères».
Dans le même ordre d’idées, Amadou Bâ a réaffirmé la ferme volonté du gouverne ment à faire l’inventaire des dégâts. «Une évaluation est en cours pour estimer l’ampleur des pertes matérielles afin de déterminer les mesures à prendre en faveur des entreprises et les mécanismes de soutien appropriés pour l’ensemble des victimes de ces événements», a-t-il assuré. Non sans laisser entendre que ces actes peuvent dégrader la stabilité sociale et économique du pays.
Abdou Karim Fofana, Is maila Madior Fall, Antoine Diome et Me Sidiki Kaba étaient aux côtés du Premier Ministre Amadou Ba. Ce dernier a, dans son discours introductif, présenté les condoléances du gouvernement aux familles des 16 personnes décédées lors des manifestations, tout en exprimant sa compassion envers les blessés. Amadou Ba a annoncé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les causes des décès et situer les responsabilités concernant ces violences ainsi que les biens publics et privés détruits.