Les travaux du ‘’Bus Rapid Transit’’ (BRT) ont été lancés le 28 octobre de 2019. Depuis cette date les commerçants, les transporteurs et les clients qui fréquentent le marché de Petersen et son garage vivent des moments très difficiles. Si les marchands ambulants parlent de la rareté de la clientèle et de la destruction de leurs magasins et étables, les chauffeurs et leurs clients décrient l’inaccessibilité du garage.
« Nous sommes fatigués depuis le début des travaux. Beaucoup de magasins ont été détruits. Les commerçants n’ont plus d’espace. Et la clientèle se fait rare à cause de l’inaccessibilité du garage »,
confie Mbaye, un commerçant. Poursuivant ses propos, il ajoute, « les petits commerçants n’ont pas les moyens de prendre les magasins. Car, le cout de la location est très élevé. Ainsi, il n’y a plus que les gros commerces qui sont restés. »
« Le BRT a tout chamboulé. Beaucoup de vendeurs ont quitté le marché Petersen. Tu peux passer toute une journée sans rien vendre. Avant la vente à la sauvette était rentable. Les autorités nous
ont parlé du site de reclassement mais, ce n’est pas pour les petits commerçants comme nous », constate avec amertume ce marchand à la sauvette, Gora Ndiaye. Logeant les grilles qui séparent ce qui reste du marché et le site du BRT, nous rencontrons Arame
Senghor. Vendeuse d’accessoires et sacoche pour femme, elle avait son petit étale à côté du garage. Malheureusement, elle a perdu sa place à cause des travaux du BRT. Pour subvenir à ses besoins et
ceux de sa famille, elle a continué le commerce mais, dans son quartier à Thiaroye. Très attachée au marché Petersen, elle vient acheter ses marchandises dans les grands magasins.
La construction du BRT a un côté positif. En effet, comme Arame beaucoup de commerçants ont ouvert des boutique un peu partout dans les grands marchés de Dakar et les quartiers comme Keur-
Massar. « Petersen n’est plus ce qu’il était. La clientèle n’est plus au rendez-vous comme avant. Pour pallier ce problème, des commerçants ont ouvert des boutiques dans d’autres marchés ou localités comme Thiaroye, Pikine voire même Keur-Massar » : remarque Aidara.
De l’autre côté de la gare du ‘’bus rapid transit’’, c’est le garage de Petersen. Très animés, le garage qui abrite en son sein des taxis, car Ndiaga NDIAYE, bus Tata, mécaniciens et vendeurs ne peut pas contenir tout ce monde. Une partie du site a été affecté au BRT. Outre ce problème, les chauffeurs et leurs clients dénoncent l’inaccessibilité du garage. « Les travaux et l’établissement du BRT ont gâché notre travail. Certains clients préfèrent aller dans les garages les plus accessibles que de venir ici. On est trop à l’étroit à cause de la gare du bus rapide transit », atteste Père SECK. Ces propos ont été confortés par le constat de Tonton BA. « J’étais désorienté. Je viens du tribunal. Je me suis perdu. Les travaux ont changé le site. J’ai demandé à plusieurs reprises le chemin avant de venir ici. Ce n’est pas facile. Il y a trop de contournements » déclare M. BA.
Lancé le 27 décembre 2023 pour un coup de trois cents (300) milliards F CFA, le BRT est toujours en phase d’essayage. Il acheminera jusqu’à trois cent mille (300 000 ) voyageurs entre Guédiawaye et le centre-ville.
Fanta DIALLO BA