Budget de l’Hydraulique : la députée Saye Cissé vote « oui » mais alerte sur les affrontements liés aux forages à Linguère
La députée PASTEF Saye Cissé a exprimé une « satisfaction totale » lors du vote du budget du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, saluant les efforts des autorités. Elle a cependant tiré la sonnette d’alarme sur des tensions sociales et des violences récurrentes dans son département de Linguère, liées à la gestion des forages d’eau.
Lors du vote du budget du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, l’honorable Saye Cissé, députée du parti PASTEF, a adopté une position nuancée, mêlant soutien aux orientations budgétaires et alertes vives sur les réalités du terrain dans sa circonscription du département de Linguère.
La parlementaire a d’abord affiché un soutien sans réserve à la loi de finances présentée. « C’est avec une satisfaction totale que nous l’avons voté », a-t-il déclaré, estimant que « les autorités ont fait des efforts pour améliorer son budget » par une prise de conscience de « l’importance de l’eau » et des « problèmes que traverse le monde rural ».
Ce satisfecit général est également lié à la promesse d’interventions concrètes dans sa région. Saye Cissé a salué les projets annoncés par le ministre Cheikh Tidiane Dieye pour le département de Linguère, notamment des « extensions », des « forages complets en eau potable » et la « réparation des anciens forages », citant l’exemple de Barkhedi Centre.
Un constat alarmant de violences locales
Derrière cette approbation se cache toutefois un grave motif d’inquiétude. La députée a déploré des « affrontements partout » dans son département, dont l’origine est directement liée à la gestion de l’eau. « La population n’est pas d’accord, ne veut pas céder les forages à l’ASDR (l’Agence Sénégalaise de la Réhydratation) », a-elle expliqué.
Elle a illustré ses propos par des exemples précis et récurrents de violences : « Nous l’avons vécu à Gouloum dans la commune de Kamb, mais aussi on l’a vécu deux fois dans la commune de Gassane avec des arrestations, des déferlements ». Face à cette situation qu’elle juge intenable, Saye Cissé a lancé un appel pressant : « Ce sont des choses que nous déplorons et nous appelons les autorités à trouver des solutions dans les plus brefs délais, parce que ça ne peut plus continuer comme ça. »
Ces tensions mettent en lumière les défis de la gouvernance locale des ressources hydrauliques et la nécessité d’un dialogue inclusif avec les populations pour prévenir les conflits.
Une méthode ministérielle saluée
Au-delà des chiffres et des projets, la députée a tenu à saluer chaleureusement l’attitude du ministre, Cheikh Tidiane Dieye, durant les débats. Elle a relevé un fait qu’il a jugé notable : « C’est la première fois qu’un ministre de la République prend son temps pour répondre aux différentes questions des députés, une par une. Donc vraiment, c’est à saluer. »
Cette remarque, partagée selon elle par « tout le monde », souligne l’importance de la pédagogie et du dialogue dans l’examen des politiques publiques, et a sans doute contribué à l’atmosphère constructive du vote.
Aziz WATT