Le leader de l’ex parti Pastef ne peut plus se présenter en tant que candidat à l’élection présidentielle du 25 février 2024 parce qu’il est «inéligible». C’est du moins l’intime conviction du ministre de la justice qui, dans l’entretien accordé au magazine Jeune Afrique (Ja) et publié en ligne, hier, a déclaré que la condamnation de Ousmane Sonko dans l’affaire Adji Sarr était «définitive». Parce que, justifie-t-il, le maire de Ziguinchor a été arrêté dans le cadre «d’une autre affaire que l’affaire de mœurs» et que la règle selon laquelle un contumax doit être rejugé une fois arrêté ne s’applique donc pas. «Pourquoi ne s’est-il pas constitué prisonnier s’il entendait obtenir que sa condamnation par contumace soit anéantie ? Celle-ci est entretemps deve nue définitive», a révélé Is maila Madior Fall. Qui indique que c’est à ce titre que «Ous mane Sonko a été déchu de ses droits électoraux et qu’il a été radié des listes». Aussi, poursuit le ministre de la justice: «Il n’y a là aucune cabale en vue d’évincer un candidat à la présidentielle». Les avocats du chef de Pastef soutiennent que, leur client arrêté depuis sa condamnation, doit être rejugé. Ils invoquent les textes en vigueur sur la contumace. Ousmane Sonko a entamé une grève de la faim le 30 juillet. Il est hospitalisé de puis le 6 août. Les autorités ont annoncé la dissolution de son parti et procédé à des centaines d’arrestations, suscitant de vives critiques de défenseurs des droits humains. Le gouvernement invoque la nécessité de protéger la population contre ce qu’il présente comme un projet insurrectionnel.