DIALOGUE POLITIQUE, SONKO, AMINISTIE, WADE, 3E MANDAT DE MACKY, PRÉSIDENTIELLE 2024… Le grand oral de «Mara»
Face à une tension socio-poli tique grandissante, le dialogue est devenu impératif. C’est pour quoi Idrissa Seck, qui s’exprime ainsi, invite Ousmane Sonko à revoir son discours «violent» du «gatsa gatsa». Car, dit-il, quelqu’un qui aspire à diriger le pays ne doit pas tenir ce genre de propos. Face aux journalistes du groupe E-media, l’ancien président du Conseil Economique, social et environnemental (Cese) estime que les leaders politiques doivent se retrouver autour d’une table pour l’intérêt et la stabilité du pays. Dans l’entretien spécial, «Mara», comme le surnomment ses proches, a également fait un tour d’horizon de l’actualité abordant plusieurs points notamment les accusations qui pèsent sur Yankhoba Diattara, son poulain et ex ministre des sports, ses relations avec son ancien mentor, Abdoulaye Wade, celles avec Macky Sall «mboru ak soow», la question de l’amnistie de Khalifa Sall et Karim Wade, Yewwi askan wi (Yaw) ou la plateforme F24, ses ambitions pour la présidentielle du 25 février 2024, etc.
«FOUGNOUMA WO DIALOGUE MA DEM…»
Contrairement à la presque totalité des leaders de l’opposition qui ont refusé la main tendu du président de la République, Idrissa Seck se dit prêt à répondre à l’appel au dialogue de Macky Sall. Celui qui s’autopro clame chef de l’opposition a,tou tefois, ses «termes de référence». «Je vais participer au dialogue. J’y vais avec deux propositions. Tous les Sénégalais sont inquiets. Je ne parle pas seulement de manifestations mais, de façon générale. L’angoisse et le stress sont au maximum chez les travail leurs, chez les étudiants, chez les hommes d’affaires, les investisseurs, mêmes les chancelleries qui envoient des images à leurs pays respectifs, faisant croire que le Sénégal brûle. Parfois, c’est exagéré, mais, c’est fait à dessein pour faire fuir les investisseurs. Ce qui est néfaste pour l’économie sénégalaise. Deux raisons justifient cette situation. L’un des leaders, en l’occurrence Ousmane Sonko, qui aspirent à diriger ce pays avec en tenant un discours «violent» du genre «gatsa gatsa». L’autre, c’est Macky Sall qui ne clarifie toujours pas sa position sur le 3e mandat.
Le dialogue doit conduire à ce que nous nous entendions sur comment réaménager la loi électorale en enlevant les critères d’éligibilité. Pour moi, même un condamné peut se présenter. Les
Sénégalais ont le dernier mot. A condition que cette personne paie son amende. Je ne serais pas d’accord que Karim Wade soit candidat s’il ne paie pas les 138 milliards F CFA d’amende pour enrichissement illicite. (…)»
«J’AI PARLÉ AVEC LE PRÉSIDENT MACKY SALL DU 3E MANDAT MAIS…»
Selon «Mara», Macky Sall est disqualifié parce que la Constitution l’empêche de briguer un 3e mandat en 2024. Même s’il re fuse de révéler le contenu de son audience avec le président Macky Sall. «Je ne sais pas si le Président Macky Sall va faire un 3e mandat ou pas ! Je ne peux me prononcer sur un sujet dont je n’ai pas les te nants et les aboutissants. J’ai parlé avec le Président Macky Sall, mais je ne peux pas révéler le contenu de notre conversation. Ce n’est pas à moi de dévoiler la teneur de nos échanges.
Au moment venu, il se prononcera. Ce qui est sûr c’est que je lui ai signifié que s’il y un pays qui respecte le jeu démocratique notamment les deux mandats, c’est les États Unis. Ils ont érigé leur constitution en 1789. Le premier président, Georges Washington avait fait deux mandats et on lui avait même demandé de remettre le couvert au vu du travail qu’il avait accompli. Ce qu’il avait catégoriquement refusé au risque selon lui de transformer la présidence en une présidence héréditaire. Donc depuis 1789 jusqu’à Joe Biden, aucun président Amé ricain n’a a eu à faire plus de deux mandats sauf Roosevelt en 1940. Et c’était à cause de la crise de 1929 et de la deuxième guerre. À l’époque pour des soucis de stabilité, le peuple Américain avaient opté pour son maintien au pouvoir. D’où ces quatre mandats. Maintenant, il faut que ça soit clair, ce n’est pas parce qu’il y a eu la Covid-19 etc que le président doit se permettre de rester au pouvoir. Il pourrait s’engouffrer dans la brèche…
«L’AMNISTIE, IL N’EN EST PAS QUESTION !»
Si cela dépendait de l’ex président du Cese, aucune loi d’amnistie ne serait voté pour permettre à Khalifa Sall et Karim Wade d’être candidat à la présidentielle de 2024.
«On n’amnistie pas une per sonne. Si on fait une loi d’amnistie, cela signifie que de telle à telle date, quiconque a une fois volé l’argent des contribuables est sauvé. Il peut en faire ce qu’il veut sans être inquiété. Celui qui dé tourne les deniers publics est épargné; celui qui viole une fil lette est épargné. Si, vous les Sé négalais, êtes d’accord, je vous laisse avec votre pays. L’amnistie, il n’en est pas question. En revanche, si les Sénégalais sont d’accord, ce n’est le problème de personne. Ma position rejoint celle du président Abdou Diouf qui disait «jakk jaa ngok, ku meuneu nodd noddal», qu’on laisse tout le monde participer».
«KHALIFA SALL DERRIÈRE SONKO, MATHÉMATIQUEMENT IMPOSSIBLE …
YEWWI ASKAN WI DANIO YEEW SEN BOPP»
Idrissa Seck se dit, à la limite, choqué par le fait qu’un héritier du Parti socialiste (Ps), Khalifa Sall, puisse se ranger derrière un jeune leader comme Ousmane Sonko. Aussi, a-t-il prédit une implosion de la coalition Yewwi askan wi.
«Moi, j’ai assisté àNcoalitions. Mon parcours politique m’a ap pris beaucoup de choses sur les alliances dans ce milieu. Il n’y a que les alliances, rencontres dés intéressées que Dieu a formées qui durent. Toute autre alliance basée sur autre chose peut se bri ser. Et moi, j’y fais attention. Vu mon expérience, mon parcours avec Abdoulaye Wade, avec tout ce qu’on a traversé, qui s’est levé un jour et a dit qu’il allait m’égor ger et jeter le couteau par terre, les autres,n’enparlons pas.D’ail leurs, après ça, quandMacky Sall est venu me remplacer (à la Pri mature), je lui ai dit qu’il était le
prochain (à abattre). Il m’a ré pondu: ‘’comment ça”. Je lui ai dit: “Parce que ce n’est pas toi mon remplaçant, mais Karim Wade.” Il est resté dubitatif.Mais quand Wade l’a écarté et qu’il est venu me trouver à Thiès, c’est là qu’il a tout compris.
«Yewwi askan wi danio yeew sen bopp (ils se sont ligotés eux mêmes).Aujourd’hui, ils onttrès vite pris conscience de quelque chose qui ne pouvait durer. Kha lifa Sall, c’est l’héritier de Sen ghor, Abdou Diouf et Ousmane Tanor Dieng. Il ne peut pas être derrière Sonko. C’est Impossible !Mathématiquementimpossible.
Maintenant, ils ont le même souci (de l’inéligibilité) tous les trois Khalifa, Karim et Sonko. Sonko ce n’est pas encore fait, il faut attendre la condamnation définitive. Mais, pour Karim et Khalifa, c’est fini. Maintenant, le dialogue peut réaménager la loi électorale en enlevant les contraintes, les critères d’éligibilité. Pour moi, même condamné, si on veut être candidat et que les Sénégalais vous font confiance, on peut se présenter. Mais, il faut d’abord payer. Je ne serai pas d’accord que Karim Wade soit candidat s’il ne paye pas les milliards, c’est tout».
«JE SUIS D’ACCORD POUR LA RÉUNIFICATION DE LA FAMILLE LIBÉRALE MAIS SANS WADE ET KARIM»
Pour prendre part aux retrouvailles de la famille libérale, l’ex maire de Thiès a une seule condition. C’est la participation de tous les libéraux sauf Abdoulaye Wade et son fils Karim.
«J’ai eu la naïveté de croire que j’étais le fils de Abdoulaye Wade. Il m’a donné la preuve formelle que ce n’était pas vrai!Il m’a jeté en prison. Il a dit à son ministre de l’intérieur qu’il allait m’égor ger. Est-ce qu’il aurait fait ça à Karim Wade ? Karim qui a été condamné définitivement en première instance, en appel et à la cour suprême, pour vol de de niers publics. Moi, Abdoulaye Wade était obligé de me donner un non-lieu, ce qu’il ne pouvait pas ne pas faire ! Mais, il a quand même fallu qu’ils me donnent un non-lieu partiel avant de prononcer un non-lieu total. Il n’avait qu’un seul choix, c’était de me donner un non-lieu. Ce qu’il a fait c’était de la fumisterie ! Ce qu’il m’a fait, il ne l’aurait pas fait à Karim Wade. Donc, j’ai réalisé que ce n’était pas mon père… Je suis d’accord pour la réunification de la famille, mais sans Wade et Karim. Ils sont disquali tous les deux !»
«JE SUIS TOUJOURS DANS LE MBOUROK AK SOOW !»
Tous ceux qui pensent qu’entre Macky Sall et Idrissa Seck, c’est fini, ont tout faux. Leur «idylle» esttoujours d’actualité, d’après le président de Rewmi qui requali fie les relations.
«Je suis toujours dans le Mburu ak Sow (pain au lait caillé). Macky mooy Mburu mooy Sow ! Mburu feurigne mokoy diour, farine dougoup, dougoup Sine,Fatick. SoowNagg lagnouy Raateu defare ko. Sow Peulh, Fouta. C’est le Président… mane lima ci warone done moy dooli ci Lém, 2024 ma yengual nane ! Li nak, naane bi dafa melni daf ma wakh ni Djota goul!» Autrement dit, le chef de l’Etat est au début et à la fin en plus d’être le contenu et le contenant. Normalement il devait par tir en 2024 et me laisser me présenter».
«SI YANKHOBA DIATARA EST COUPABLE…»
La Cour des comptes épluche les comptes du Ministère des Sports, notamment les dépenses liées au mondial. Les enquêteurs ont trouvé aussi que le véhicule du ministre a été loué pour 200 millions, son bureau réaménagé pour 60 millions, 50 personnes convoyées au mondial «sur fonds propres»… Une enquête ouverte sur son poulain. Là-dessus Idrissa Seck est catégorique.
«Si Yankhoba est coupable avec des preuves, que la loi s’ap plique avec tout sa rigueur et même si je suis Président de la République et que le rapport se retrouve sur mon bureau, et qu’il soit fautif, il sera sanctionné. Mais, pour le momentje n’ensais rien donc je ne peux pas trop m’avancer. Le Secrétaire Général du parti(Rewmi) devait sortir un communiqué dans lequel se trouve le nom de Yankhoba en tant que Directeur de Cabinet, mais je lui ai dit dene pas le sortir parce qu’il y a une