A l’approche de la Tabaski, la vente de moutons est actuellement l’activité en vogue. Dans les artères de la capitale sénégalaise, nombreux sont les points de vente de moutons. D’habitude assuré par les éleveurs traditionnels, ce business est de plus en plus envahi par des personnes s’activant dans d’autres métiers. Ces éleveurs occasionnels gagnent gros car leurs marchandises, souvent constituées de gros béliers, sont très prisées par les Sénégalais.
A quelques jours de la Tabaski, le commerce de moutons demeure l’activité en vogue. Cependant, certains lieux de vente de moutons, en général tenus par les éleveurs venus de l’intérieur du pays, sont occupés ces dernières années par des vendeurs assez originaux. En effet, des gens assurant d’autres professions s’intéressent, aujourd’hui, au commerce de moutons à la veille de l’Aïd-el-kébir. C’est le cas de Mor Talla Pène. La trentaine bien sonnée, il assure une opération de Tabaski au quartier Liberté 5. Ce restaurateur dans des hôtels de la place comme King Fahd Palace, La Fourchette, le Club Med, entre autres, s’est transformé en vendeur de moutons pour la Tabaski qui se profile à l’horizon. Interrogé sur son choix d’investir dans ce business, il répond : « J’aime les moutons. C’est pourquoi, depuis quatre ans, j’organise une opération Tabaski pour céder des béliers ».
Avec un investissement de deux millions cinq cent (2 500 000) millions de francs CFA, Mor Talla Péne a pu acheter vingt-neuf (29) moutons qu’il commence à vendre entre quatre-vingt-mille (80 000) et cent cinquante mille (150 000) francs CFA. Des prix qu’il juge abordables. « Les tarifs ne sont pas élevés. Il y en a pour toutes les bourses. Tout dépend du marchandage avec les clients ; il faut qu’ils sachent eux aussi que les frais d’entretien du bétail sont importants », fait-il savoir. Toutefois, il indexe les frais tels que l’eau et le gardiennage, des charges supplémentaires qui n’ont pourtant pas impacté sur la rentabilité de son business. « On y gagne quelque chose cette année, on espère réaliser de bonnes recettes », a-t-il expliqué, précisant qu’il compte retourner dans la restauration une fois la Tabaski terminée.
Un comptable dans une société de la place gère lui aussi une opération de Tabaski avec des amis. Préférant taire son nom, il dit profiter de ses congés pour veiller sur son enclos, le temps des préparatifs de la fête. « On a organisé cela en groupe, chacun cotise et après les ventes, on se partage les gains. Depuis 5 ans, on le fait et si ce n’était pas rentable, on aurait abandonné dès la première édition ». Ibrahima Gueye, originaire de Louga fait aussi dans ce business pour la Tabaski. Avec ses amis, ils ont investi une grosse somme d’argent pour organiser cette opération. « Je ne suis pas éleveur mais, pour la Tabaski, je vends des béliers. J’ai opté de venir à Dakar parce que c’est une ville où il n’y a pas beaucoup de moutons. Il y a une clientèle importante à saisir ici », fait-il remarquer.
Il s’est installé vers le rond-point Sipres avec ses 70 moutons. « Dans la vie, rien n’est facile. Si on a laissé nos familles, c’est pour rentrer avec quelque chose. Donc on aura beau dormir à la belle étoile, cela ne nous dérange pas », a-t-il souligné.
Même si les conditions sont beaucoup améliorées cette année avec l’approvisionnement en eau, la non-disponibilité d l’aliment de bétail, la sécurité plombent parfois le bon déroulement de cette vente. Pourtant, cela ne semble pas démoraliser les organisateurs qui sont plus nombreux d’année en année. En se transformant en vendeurs de moutons pour l’Aïd-el-kébir, ils ont fini d’être de sérieux concurrents pour les éleveurs traditionnels.