Le gouvernement sénégalais entend faire de l’économie sociale et solidaire (ESS) un pilier de sa politique de développement inclusif. Plus de 900 acteurs ont déjà été recensés à travers le pays et une réforme est en préparation afin de mieux organiser le secteur, avec l’ambition de lui réserver une part des marchés publics et de renforcer sa contribution à la création d’emplois.
Le Sénégal veut franchir un nouveau cap dans le développement de l’économie sociale et solidaire. Longtemps considérée comme un secteur marginal, l’ESS est aujourd’hui présentée par les autorités comme un puissant levier de création de richesses, d’emplois et d’inclusion économique, notamment au profit des jeunes, des femmes et des territoires.
Selon les données rendues publiques par le ministère en charge de l’Économie sociale et solidaire, plus de 900 acteurs ont déjà été recensés sur l’ensemble du territoire national. Coopératives, groupements d’intérêt économique, mutuelles, associations et entreprises sociales constituent l’ossature de ce secteur appelé à jouer un rôle croissant dans la transformation économique du pays.
Le gouvernement travaille actuellement à la mise en place d’un cadre juridique destiné à mieux structurer l’ESS. Parmi les mesures envisagées figure l’attribution d’une part des marchés publics aux structures relevant de ce secteur. Cette orientation vise à renforcer leur compétitivité, améliorer leur accès au financement et favoriser leur professionnalisation.
Cette dynamique s’inscrit dans la vision des nouvelles autorités qui souhaitent promouvoir une croissance plus inclusive, fondée sur l’entrepreneuriat collectif, la solidarité et la valorisation des initiatives locales. Les organisations de l’ESS interviennent déjà dans plusieurs domaines tels que l’agriculture, l’artisanat, la transformation agroalimentaire, les services, la finance communautaire ou encore l’économie verte.
Les spécialistes estiment que le développement de ce secteur pourrait contribuer à réduire le chômage, particulièrement chez les jeunes, tout en renforçant les économies locales. Encore confrontés à des difficultés d’accès au crédit, à la formation et aux marchés, de nombreux acteurs espèrent que les réformes annoncées permettront de lever ces contraintes.
Le Sénégal entend également renforcer son leadership africain dans ce domaine. Dakar a récemment accueilli plusieurs rencontres consacrées à l’économie sociale et solidaire, réunissant des représentants de nombreux pays du continent autour des enjeux de financement, d’innovation et de coopération.
En misant sur une meilleure organisation du secteur et un accompagnement renforcé des acteurs, les autorités ambitionnent de faire de l’économie sociale et solidaire un véritable moteur de développement territorial, capable de concilier performance économique, justice sociale et création d’emplois durables.
Mohamed Sy