Le Directeur de l’Agence sénégalaise de promotion touristique (Aspt) ne partage pas l’explication de certains membres de l’opposition qui mettent le départ massif des jeunes vers l’Europe sur le compte de la «peur ou des représailles de l’Etat». Bien au contraire. Le coordonnateur du pôle communication de Benno Bokk Yakaar (Bby) a estimé, hier lors de l’émission «Jury du dimanche» sur iRadio, que le phénomène de la migration irrégulière s’est accentuée ces derniers temps pour des raisons beaucoup plus profondes. «Non, je ne pense pas que le Sénégal soit un pays dangereux du point de vue des libertés, au point que les gens quittent le pays», a d’emblée recadre Pape Mahawa Diouf. Qui développe sa position: «Mais d’abord, si quelqu’un quitte son pays pour aller ailleurs, c’est que chez lui, il n’est pas satisfait.
Ça, c’est une évidence. Maintenant, ce qu’on cherche à comprendre, c’est est-ce que c’est simplement des questions liées à l’emploi ou pas ?» Et le Dg de l’Aspt de répondre à ses propres interrogations: «Je dirais que nous ne sommes en tout cas pas dans le plein d’emplois. Ça c’est évident. Et c’est bien pour ça qu’on a mis en place une politique visant à une multiplication des infrastructures, visant à changer les filières pour professionnaliser les filières de formation, pour régler la question de l’employabilité, visant à faire des réformes pour attirer davantage d’investissements et aussi de pousser un cap vers l’industrialisation. Mais tout ça, vous le faites en ne prévoyant pas effectivement la Covid-19 qui peut survenir, la guerre en Ukraine qui peut créer des obstacles».
Auparavant Pape Mahawa Diouf a indiqué que «la réponse la plus spontanée, c’est tout de suite de dire que c’est une suite d’échecs des politiques de jeunesse et d’emploi. On peut l’entendre». Avant de s’empresser à approfondir son raisonnement: «Mais si on pousse les choses un peu plus loin et qu’on regarde bien les profils de ceux qui sont des candidats à l’immigration, ça appelle à une forme de complexification, si le mot existe en tout cas, une analyse un peu plus complexe du phénomène. Lorsque des politiques de migration, des professionnels de la fonction publique, des enseignants, lorsqu’il y a des gens qui ont une activité florissante, choisissent de prendre un certain montant quand même pour l’engager dans un voyage vers d’autres horizons, il faut peut-être pousser la réflexion plus loin sur d’abord la projection, sur l’idéal de vie, sur l’envie d’ailleurs et surtout sur le fait qu’il y a quand même du point de vue global, une forme d’attirance sur le bureau», a encore soutenu l’invite du jour de nos confrères de emedia.