Depuis plusieurs semaines, l’ail est devenu une denrée rare et son prix flambe sur les marchés sénégalais. Ce qui était autrefois un ingrédient de base dans la cuisine est désormais un produit de luxe pour de nombreux ménages. Cette hausse soudaine s’explique par une rupture de stock causée par le retard des importations en provenance de Chine. Résultat, le prix du carton, qui se vendait à 13 000 ou 13 500 francs CFA, atteint désormais 16 500 francs CFA, une augmentation brutale qui impacte directement le pouvoir d’achat des Sénégalais.
Dans les marchés de Dakar, les consommateurs sont à bout. « Quand on va faire les courses, on pense qu’il y a erreur dans la monnaie, mais non ! C’est juste que tout a augmenté », témoigne une femme rencontrée dans un marché de la capitale.
Pour les restaurateurs, la situation est encore plus compliquée. La flambée des prix de l’ail et d’autres produits alimentaires fragilise leur activité. « Nous ne pouvons pas augmenter nos tarifs aussi vite que les prix du marché. Sinon, nos clients ne pourront plus payer », explique un gérant de fast-food.
L’ail n’est pas le seul à connaître une augmentation inquiétante. D’autres produits essentiels suivent la même tendance. Le riz ingrédient de base des repas sénégalais, son prix continue de grimper en raison des difficultés d’approvisionnement. L’oignon après avoir connu une pénurie en 2023, son prix reste instable. L’huile : la hausse des coûts du transport international pèse sur les importations.
Cette situation crée un climat d’angoisse pour les ménages, qui voient leur pouvoir d’achat s’effondrer sans que des mesures concrètes ne soient prises.
Les commerçants pointent du doigt un problème d’importation. L’ail vendu au Sénégal vient principalement de Chine, et le retard des cargaisons provoque une rareté sur le marché. « On a fait des commandes, mais ça prendra presque 40 jours avant d’arriver », explique un grossiste.
Mais cette explication ne suffit pas à calmer les inquiétudes. Pourquoi l’approvisionnement du pays dépend-il d’un seul fournisseur ? Pourquoi aucune mesure n’a été anticipée pour éviter cette crise ?
Face à cette flambée des prix, la Confédération des consommateurs du Sénégal (CCS) appelle l’État à réagir de toute urgence. La situation devient insoutenable pour les foyers et les professionnels de la restauration.« Si rien n’est fait, les prix vont continuer à exploser et les familles n’arriveront plus à se nourrir correctement », avertit un responsable de l’organisation.
Le gouvernement ne peut plus se contenter d’observer. Il doit agir pour assurer un approvisionnement stable en produits alimentaires et mettre en place des mécanismes de contrôle pour éviter les abus.
Les Sénégalais attendent des réponses et des actions concrètes. L’augmentation des prix touche directement leur quotidien, et si aucune solution n’est trouvée rapidement, la colère risque de monter.
L’ail n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Aujourd’hui, c’est cette épice qui manque, demain ce sera peut-être le riz ou le sucre. L’État doit prendre la mesure de la crise et éviter que la situation ne devienne incontrôlable.