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Fonction Publique : Le pointage biométrique, une mesure à la trainée

L’absentéisme chronique des fonctionnaires est un mal qui mine beaucoup d’institutions au Sénégal. Pour contrer ce phénomène qui prend de l’ampleur, les nouvelles autorités ont décidé de se tourner vers le numérique qui propose des solutions adéquates, mais aussi quelques inconvénients. Cette nouvelle mesure qui est entrée en vigueur depuis lundi dernier, a-t-elle été respectée dans tous les services de l’Etat ?

Comme annoncé il y’a quelques jours, le ministre de la fonction publique du Sénégal, Olivier Boucal, a officiellement lancé le système de pointage biométrique le lundi 29 avril 2023. Une mesure qui selon lui permettra de fixer les horaires de travail « du lundi au vendredi, de 8 heures à 17 heures, avec une pause d’une heure entre 13h30 et 14h30, conformément au décret n° 96-677 du 07 août 1996 modifiant le décret n° 91-982 du 17 septembre 1991 ».

Avantages et Inconvénients :

Ce système de pointage, en conjonction avec la vidéo-surveillance, présente en effet, beaucoup d’avantages. Les entreprises ont tout à gagner à effectuer une bonne gestion du temps de travail « Cette dernière assure un meilleur suivi des heures travaillées, ce qui facilite certaines opérations comme l’optimisation des plannings. Mais surtout, il s’agit d’une obligation légale à respecter », a fait savoir un agent du ministère de la fonction publique qui salue cette nouvelle innovation.

Cependant, le badge numérique connaît aussi plusieurs manquements. Pour cet autre agent trouvé au ministère du commerce et des Petites et moyennes entreprises, l’inconvénient principal des pointeuses mécaniques et numériques est « qu’elles fonctionnent à l’aide de cartes de pointage ». Selon lui, « Il peut arriver qu’un travailleur oublie ou égare sa carte. L’entreprise doit être en mesure de modifier manuellement les données et fournir une nouvelle carte de pointage, ce qui engendre un certain coût », renseigne-t-il avant de poursuivre : « Le second inconvénient est la fraude. En effet, les travailleurs peuvent s’échanger leurs cartes entre eux et réaliser le pointage à la place d’une autre personne », a-t-il averti.

Qu’en est-il de son application ?

A peine arrivé au pouvoir, Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement ont voulu matérialiser leur promesse de rupture dans tous les secteurs. Dans la fonction publique, cette rupture devait passer par la résolution du problème des retards et absences de d’agents, d’où la mise en place d’un nouveau système de pointage biométrique. Mais apparemment, cette nouvelle mesure n’a pas produit les effets escomptés. Une semaine après son lancement, aucun changement n’a été constaté au niveau des services publiques.

Certaines personnes voient d’ailleurs derrière cette mesure, une simple tentative d’accablement des travailleurs. « Ici, il n’y a encore aucun système de pointage biométrique, ni une exigence sur les heures de travail. Nous venons toujours à 8 heures et nous émargeons sur les listes de présence comme cela se faisait comme toujours », a révélé M. S., un agent trouvé au ministère de l’Industrie et du Commerce.

Selon lui, « Le système de pointage biométrique était juste un moyen de pression. Comme le font tous les nouveaux régimes ou au lendemain de chaque remaniement ministériel, les autorités essaient de mettre la pression ou d’apporter des changements dans le cadre du règlement intérieur. Mais cette méthode ne va pas durer », a-t-il lancé.

Annoncé dans tous les services publics, le système de pointage biométrique semble être qu’une illusion des nouvelles autorités. Une initiative mort-naissant si l’on juge son niveau d’application dans les services publics. En, si le ministre de la Fonction Publique a publié une image de lui testant la nouvelle technologie dans son département, il semblerait que ce nouveau système de pointage ne soit pas présent dans les autres ministères et directions de l’Etat. Au ministère des Sports par exemple, des agents nous informent de l’absence de cette nouvelle technologie. C’est le cas également dans plusieurs services visités par nos journalistes, où la veille méthode de contrôle règne toujours dans les bureaux.

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