L’Administrateur Général du Fonds de Garantie des Investissements Prioritaires (FONGIP) a prononcé un discours marquant lors du Comité Régional de Développement de Kaolack, dessinant les contours d’une nouvelle stratégie offensive pour transformer le dynamisme entrepreneurial de la région en croissance inclusive.
Devant un parterre d’autorités administratives, d’institutions financières et d’acteurs économiques, il a dressé un constat en demi-teinte. Si Kaolack et la région du centre regorgent d’une activité florissante (arachide, élevage, pêche, artisanat, PME), une « inadéquation structurelle » persiste : un accès au crédit bancaire limité, un taux de bancarisation des PME inférieur à la moyenne nationale et une concentration du financement sur un nombre restreint d’agents.
« Notre présence ici n’est pas pour nous auto-congratuler, mais pour écouter, apprendre et constater ensemble les réalités du terrain », a-t-il affirmé, reconnaissant que ces blocages transcendent le cadre technique pour relever de défis stratégiques.
Face à ce diagnostic, le FONGIP, se définissant comme un « catalyseur de rêves entrepreneuriaux », a présenté sa nouvelle feuille de route articulée autour de trois piliers fondamentaux :
Une écoute approfondie des réalités économiques locales pour des solutions contextualisées.
Un renforcement des capacités de garantie et d’accompagnement, avec des instruments plus flexibles et accessibles.
Une collaboration accrue avec tout l’écosystème financier et entrepreneurial.
Pour 2026, des objectifs ambitieux et concrets ont été fixés : mobiliser plus de ressources en garantie, élargir la couverture aux coopératives agricoles, aux petits producteurs, aux artisans et aux femmes entrepreneures. Les moyens passent par un renforcement des partenariats avec les banques, une décentralisation des processus pour plus de rapidité, et le développement d’outils spécifiques pour les segments les moins bancarisés.
L’Administrateur Général a lancé un appel à l’action collective et concertée. Aux banques, il a demandé de voir dans les garanties du FONGIP « des ponts » pour explorer de nouveaux marchés. Aux autorités locales, d’être des facilitateurs. Aux organisations professionnelles, d’être des relais. Et aux entrepreneurs eux-mêmes, d’« oser rêver grand ».
« L’économie inclusive n’est pas une option charitable, c’est une nécessité économique », a-t-il plaidé. La vision est claire : faire émerger une région prospère où l’accès au financement devient un droit collectif, retenant les jeunes et libérant tout le potentiel productif. Le succès dépendra de la capacité de tous les acteurs à concrétiser, ensemble, cette stratégie.
Aziz WATT