Au Sénégal, chaque année, environ 300 000 jeunes atteignent l’âge de travailler dans un contexte ou plus d’un tiers de ces jeunes n’est ni employé, ni en études, ni en formation, 95 pour cent des emplois sont informels, or 40 pour cent des entreprises peinent à trouver de la main d’œuvre qualifiée. Ce qui montre un manque d’adéquation entre les qualifications et les compétences des jeunes et les besoins spécifiques des employeurs. Ainsi, l’un des leviers pour répondre à ce double défi d’employabilité des jeunes et de compétitivité des entreprises est d’assurer une offre de formation professionnelle et technique répondant à la demande du marché du travail
C’est dans ce cadre que le Comité technique de suivi de l’implémentation de la formation duale, le Programme de Formation Ecole-Entreprise (PF2E) du Ministère de la Formation professionnelle (MFP) et leurs partenaires de l’Initiative FIT ! Sénégal ont organisé un forum de capitalisation des expériences de la mise en œuvre de la formation professionnelle duale au Sénégal. L’objectif de ce forum qui a réuni environ 150 acteurs est de, permettre aux acteurs de tirer le bilan de la mise en œuvre de la Formation Ecole-Entreprise et de développer des pistes d’amélioration et de recommandations pour la future mise à échelle de la formation duale au Sénégal. des apprenants et apprenants de la Formation Ecole-Entreprise sera lancés lors du forum.
Selon Ndiogou Séne, conseiller technique, à la primature, le constat et l’analyse reposent sur le fait qu’avec les formations ou les modèles de formation antérieurs, il y ‘avait toujours ce problème d’insertion des jeunes formés, mais avec l’expérience et l’appui des coopérations suisses et allemandes, dans ces pays où la formation duale est appliquée, le taux de chômage est devenu plus bas comme en Europe plus précisément en Allemagne et en Suisse
Il ajoute que « dans ces pays , on applique la formation duale, qui est une entrée par l’entreprise , très importante et les formations complémentaires , de compétences générales et particulières le corps de métier est souvent appliqué et apprise en entreprise .et les enjeux ,c’est que nous dans un monde ouvert , la ressource humaine , le capital humain , le dividende démographique , sont des valeurs , des ressources sur lesquelles chaque pays devrait s’appuyer pour assoir une émergence , un développement durable » a-t-il avancé.
Etant optimiste, M Sene soutient également que, « dans cette voie là au niveau de la formation professionnelle mais conformément au projet, le capital humain leur facilite l’insertion.
« Nous travaillons sur la productivité , l’enjeu majeur, c’est que nous avons beaucoup de jeunes qui arrivent dans le marché du travail et le défi ,c’est de donner à ces derniers-là, une formation de qualité et faciliter leurs accès vers l’insertion sociale .On parle souvent de formation en adéquation , c’est un idéal , ça signifie également qu’il est temps que le jeune soit formé et inséré » a-t-il aussi soutenu
Le conseiller technique, interpelle, les acteurs à anticiper et lutter contre ce déphasage, et changer de paradigme en disant on entre par l’entreprise et c’est l’entreprise elle-même qui recrute les jeunes qui s’engagent le prendre en charge
Pour la représentante de la coopération allemande, cela marque une nouvelle étape dans la mise à échelle de la formation école-entreprise au Sénégal,
« Aujourd’hui, est un jour marqué par le terme << capitalisation >>> parce qu’il est essentiel dans un tel processus complexe qui est l’introduction du modèle duale – de s’arrêter de temps en temps et de tirer un bilan. Un bilan de ce qui marche bien et de ce qu’il faut encore améliorer, pour ensuite adapter les activités. Entre 2018 et 2024, les réalités de la Formation Ecole- Entreprise au Sénégal ont évolué beaucoup – et dans 10 ans seront encore différentes d’aujourd’hui. Cette capacité d’adaptation et d’innovation est essentielle pour la réussite du modèle dual. Et une capitalisation régulière est nécessaire pour une telle démarche agile » a t- elle soutenu
Pour elle, trois autres facteurs semblent être les clés. Il s’agit d’une étroite collaboration entre le public et le secteur privé sur tous les nouveaux, la pérennisation des modalités de financement de la Formation Ecole-Entreprise pour assurer la continuation de la formation jusqu’à la fin et éviter des abandons des jeunes ou des entreprises impliquées, planification flexible et adaptée à la formation