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FORUM DES ACTEURS SUR L’EMIGRATION CLANDESTINE Les causes et les chiffres du «Barça ou barsax»


A la suite du drame de Fass Boye, les acteurs du secteur de la pêche se sont donnés rendez-vous, hier, à Thiès pour plancher sur le phénomène de l’émigration clandestine no tamment sur les vraies raisons qui poussent les jeunes à prendre les pirogues. Aussi, ont-ils saisi l’occasion pour révéler les chiffres qui, disent-ils, dépassent «m’entendement». «Les acteurs de la pêche ont expliqué que la rareté des ressources halieutiques a amené les jeunes à désespérer et à traverser l’Océan Atlantique», a indiqué Alioune Badara Mbengue qui a présidait la rencontre. Et le gouverneur de rapporter que ces acteurs ont aussi appelé au respect de la réglementation en matière de pêche, précisant que les bateaux étrangers causent beau coup de dégâts dans les eaux sénégalaises, avec des pratiques de pêche illicites. Le président du Réseau national des quais de pêche du Sénégal a, pour sa part, invité l’Etat à veiller à la préservation des eaux sénégalaises contre des bateaux étrangers, dont certains officient derrière des «prête-nom», au détriment des pêcheurs locaux parmi les meilleurs marins en Afrique de l’Ouest. «Ici, nous avons des populations qui ne vivent que de pêche. Qu’on nous laisse notre mer», plaide Pierre Mboup relevant qu’hormis le matériel ces chalutiers étran gers n’ont rien de plus que les nationaux. Avant de préciser, d’après des informations issues de divers acteurs, que le nombre de candidats à l’émigration ayant péri en mer dé passe l’entendement. Il a dit avoir été informé de pirogues parties de Kafountine, Kayar, Mbour et autres localités côtières, et dont les parents des passagers n’ont plus de nouvelles depuis bien avant la Tabaski. «Les 105 passagers d’une pi rogue qui a quitté Rufisque en juin de l’année dernière n’ont toujours pas fait signe de vie», a rappelé le responsable qui a fait partie de la délégation partie chercher les survivants de la pirogue de Fass Boye. «Une pirogue de Saint-Louis a disparu depuis avant la Tabaski, avec près de 80 personnes à bord, une pirogue de Mbour presque 60 personnes depuis 21 jours», a dit aux journalistes en marge du forum, M. Mboup, chargé des conflits au sein de l’Union nationale des acteurs de la pêche artisanale du Sénégal (Unapas). «Les pêcheurs qui étaient juste des convoyeurs dans les années 2006, où ils ne représentaient que 30% des clan destins, sont aujourd’hui 60% du contingent», a encore révélé Pierre Mboup. Qui retient que «les pesanteurs sociales, notamment la pression à la quelle les jeunes sont soumis au niveau des familles, consti tuent l’autre cause principale d’émigration clandestine qu’ont évoquée les acteurs. Certains parents tentés par les signes extérieurs de richesse exposés par les expatriés de re tour, poussent les parents à exhorter leurs enfants à par tir». Les participants au forum ont relevé l’absence de qualification professionnelle de beaucoup de jeunes, mais également le manque de patience, comme un facteur de départ. Une kyrielle de recommandations ont été formulées pour faire face au phénomène. Parmi celles-là, l’éducation à la citoyenneté, pour développer chez les jeunes la fibre patrio tique et leur foi en la possibi lité de se réaliser dans le pays. Le service militaire obligatoire, par exemple, a été préconisé. Les populations ont aussi été invitées à dénoncer les organisateurs de ces voyages, et à alerter les forces de défense et de sécurité dès qu’ils observent certains mouvements inhabituels de personnes dans leur localité. Selon le capitaine Awa Gueye, commandant de la compagnie de gendarmerie de Thiès, la difficulté réside sur tout dans la complicité des po pulations. Le gouverneur Alioune Badara Mbengue, qui affirme que beaucoup de voyages de pi rogues ont été «décommandés», grâce à des renseignements reçus par la gendarmerie, a instruit les préfets de tenir des comités départementaux de développement (Cdd) et de demander aux sous préfets à leur tour d’organiser des comités locaux de développement (Cld), pour démultiplier l’information jusqu’à la base.Des responsables d’organisations de pêcheurs, d’institutions de jeunesse, des structures de la politique d’emploi jeunes, des élus territoriaux, ainsi que des représentants de sociétés, ainsi que des particuliers qui ont travaillé sur la question avaient pris part à cette rencontre. Les préfets des trois départements de la région, Mbour Tivaouane et Thiès, étaient aussi présents à ce forum qui a duré près de six heures d’horloge. 



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