FRAUDE À LA TAXE SUR LA VALEUR AJOUTÉE (TVA) : Le Trésor tend vers une facturation électronique obligatoire
Le Sénégal engage une réforme fiscale importante avec l’introduction de la facturation électronique obligatoire pour toutes les entreprises à partir de 2025. Cette mesure, soutenue par le Premier ministre Ousmane Sonko, vise à renforcer le contrôle des impôts, lutter contre la fraude fiscale et accroître les recettes de l’État.
A partir de 2025, toutes les entreprises au Sénégal devront obligatoirement utiliser la facturation électronique. Cela signifie que les factures papier seront remplacées par des factures 100 % numériques. Les entreprises devront passer par un portail public ou des plateformes agréées par l’administration fiscale pour émettre et recevoir ces factures. De plus, chaque facture sera automatiquement transmise à la Direction des Impôts en temps réel, permettant un meilleur suivi de la TVA et une transparence accrue des transactions.
En cas de non-respect des nouvelles règles, les entreprises risquent une amende de 25 % du montant de la TVA de la facture concernée, avec un plafond de 5 millions de FCFA par facture. Ces sanctions visent à encourager les entreprises à se conformer rapidement à la réforme.
L’objectif du gouvernement avec la facturation électronique est de renforcer les finances publiques et de réduire la dépendance aux financements extérieurs. En limitant la fraude, l’État espère collecter plus de TVA et financer ses projets avec ses propres ressources. Cette réforme s’inscrit dans la Stratégie nationale de développement (SND) 2025-2029, qui vise à faire du Sénégal un modèle de croissance durable et autonome, tout en renforçant sa souveraineté économique.
La facturation électronique profite à la fois aux entreprises et à l’État. Pour les entreprises elle permet de réduire les coûts liés à l’impression et au stockage des factures, d’améliorer la gestion des flux financiers grâce à l’automatisation des tâches comptables et de moderniser leurs outils de facturation, ce qui nécessite parfois des investissements en matériel et en formation du personnel. Pour l’État, elle permet de renforcer le contrôle fiscal avec un suivi en temps réel des transactions, réduisant ainsi la fraude et l’évasion fiscale. Ce dispositif devrait aussi augmenter les recettes fiscales grâce à une collecte plus efficace de la TVA.