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FUTUR DES AUTOROUTES DU SÉNÉGAL: La vision claire de Dr Ibrahima Sall

 

 

En ce dimanche 2 février, le Dr Ibrahima Sall, directeur général de la société nationale des Autoroutes du Sénégal (ADS), a abordé dans l’émission « Jury du Dimanche » sur Emedias les défis, les perspectives et les enjeux de l’exploitation des autoroutes sénégalaises. Chargé de superviser le développement et la gestion du réseau autoroutier du pays, Dr Ibrahima Sall s’est exprimé sur les préoccupations liées à la sécurité, les défis financiers, et les projets ambitieux pour connecter les grandes villes du Sénégal.

La question de la sécurité sur les autoroutes sénégalaises est un sujet qui préoccupe profondément l’opinion publique. En effet, les récents accidents, comme celui tragique sur l’axe Ila Touba, ont ravivé les inquiétudes des usagers. Selon le Dr Sall, bien que la fréquence des accidents soit élevée sur l’ensemble du réseau, la mortalité sur les autoroutes reste relativement contenue, avec une moyenne de 42 décès par an sur les cinq dernières années. Ce chiffre reste inquiétant, d’autant plus que 60 % des accidents sont causés par des erreurs humaines, principalement des excès de vitesse et des comportements imprudents au volant.

La société nationale des Autoroutes du Sénégal (ADS) met en place plusieurs initiatives pour répondre à ces préoccupations, dont la vidéoverbalisation coordonnée par le Ministère des Infrastructures et des transports terrestres et aériens, pour lutter contre les excès de vitesse, un phénomène trop souvent constaté. « La vitesse maximale autorisée est de 110 km/h, mais les caméras de surveillance montrent que de nombreux conducteurs ignorent cette limite », a souligné le directeur général. Des pénalités sont également prévues pour inciter au respect des règles.

Le réseau autoroutier sénégalais est en pleine transformation. Actuellement, 212 kilomètres d’autoroutes sont en exploitation, et d’ici six mois, ce chiffre passera à 312 kilomètres. Le projet phare, qui verra la réalisation de 500 kilomètres d’autoroutes d’ici 2027 avec l’autoroute Dakar – Tivaouane – Saint Louis.
Les projets autoroutiers vont se poursuivre pour relier les pôles de développement économique définis dans l’agenda 2050 vers le Nord Est, l’Est et le Sud. Ces projets, s’inscrivent dans la volonté des autorités de soutenir la croissance économique du pays.

Pourtant, les défis sont multiples. Le Dr Sall reconnaît que le financement reste l’un des plus grands obstacles. « Les sections proches de Dakar sont plus rentables, mais les tronçons plus éloignés, comme ceux reliant Kaolack à Tambacounda, nécessitent des financements plus complexes », précise-t-il. La quête de financements innovants est donc cruciale, et ADS explore de nouvelles avenues pour sécuriser ces ressources essentielles.

Outre la sécurité autoroutière, un autre aspect fondamental de ADS est la gestion des contrats de partenariat public-privé (PPP). Le directeur général a abordé la question des concessionnaires et des régisseurs privés responsables de l’exploitation des autoroutes. En particulier, il a évoqué le cas du consortium CRBC-Sagam, qui gère actuellement certaines sections du réseau. À ce propos, il a assuré que ADS effectue un suivi rigoureux des performances de ces exploitants, avec des sanctions sévères en cas de non-respect des obligations contractuelles.

Le financement des autoroutes constitue un défi de taille. Face à la rareté des ressources financières, ADS met en avant des stratégies innovantes. Les sections proches de Dakar, avec des volumes de trafic plus élevés, sont relativement rentables. En revanche, les tronçons plus longs et moins fréquentés nécessitent des mécanismes de financement adaptés, tels que des partenariats public-privé et des investissements étrangers adossés sur un un système de péréquation avec les sections rentables.

« Les financements internationaux se font de plus en plus rares. Nous devons donc être créatifs », a commenté Dr Sall. ADS s’intéresse notamment aux financements participatifs et aux modèles économiques alternatifs, en particulier pour les sections éloignées du pays.

Avec des projets d’extension sur le long terme, l’ambition de connecter les différents pôles économiques du Sénégal devient de plus en plus concrète. Le réseau autoroutier devrait faciliter non seulement les déplacements des citoyens mais aussi le commerce et l’industrie à travers un Sénégal mieux connecté.

« L’objectif est de construire un réseau autoroutier durable et fonctionnel qui réponde aux besoins du développement économique du pays », a conclu le Dr Ibrahima Sall. Avec l’extension des autoroutes et les efforts pour améliorer la sécurité et le financement, le Sénégal semble bien engagé dans la construction d’un avenir autoroutier prometteur.

 

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