Depuis près de deux ans, les travailleurs des collectivités territoriales du Sénégal multiplient les mouvements humeurs. Entre grèves et débrayage, les citoyens ne savent plus à quoi ressemble l’intérieur d’un centre d’Etat civil. Quels impacts sur le système éducatif ?
Ils sont des milliers à fermer leurs portes. Les mairies ne sont plus en service depuis près de deux années. Pour cause, les travailleurs des collectivités territoriales revendiquent l’application de l’augmentation des salaires et la mise en œuvre de leur statut de fonctionnaires locales.
Pour se faire entendre, ils ont employé la méthode la plus sévère, l’arrêt de travail en alignant des séries de grèves pendant presque deux ans. Une situation qui a engendré des conséquences manifestes dans les secteurs comme la santé et l’éducation. La recherche de documents administratifs dans les municipalités du pays demeure un véritable fardeau. Chez les parents d’élèves, l’inquiétude demeure sans fin. « Nous vivons une situation très difficile et cette grève a un impact certain sur le système éducatif et universitaire », a regretté Abdoulaye Fané, président de l’Union nationale des parents d’élèves et étudiants du Sénégal (Unapees). Le syndicaliste considère que la grève porte certes préjudice aux parents d’élèves, mais que toute cette situation est imputable au mutisme et aux engagements non tenus de l’Etat.
Même s’ils ne représentent que 5% au niveau national, les travailleurs de certaines communes ont toutefois accepté d’assurer le service minimum. C’est l’exemple de la commune de Yeumbeul Nord, Tivaoune, Foundiougne et autres collectivités basées hors de la capitale. Les plus affectés par la situation qui prévaut sont les élèves qui doivent s’inscrire au Cours d’initiation (Ci) ou au moyen-secondaire, les candidats aux concours des centres ou écoles de formation, les nouveaux bacheliers qui veulent étudier à l’étranger.
A la recherche de solutions, l’UNAPEES avaient demandé qu’une journée « soit réservée aux élèves et étudiants, mais en vain. Nous invitons le gouvernement à négocier, car les populations souffrent, particulièrement nos enfants ».
L’union a demandé, par ailleurs, au ministère de l’Education nationale et aux établissements, d’accepter les pièces d’identification telles que les carnets de santé ou tout autre document pouvant prouver l’identité de l’enfant et, après cette grève, régulariser sa situation.
Face au mutisme des autorités compétentes, l’intersyndicale a décidé dimanche de maintenir la pression et annonce dans un communiqué publié ce dimanche 28 avril, un nouveau mot d’ordre de grève de 120 heures. Une crise qui continue d’occasionner des difficultés pour les citoyens qui souhaitent obtenir des documents d’état civil, notamment les élèves et étudiants.
Ces nombreuses grèves ternissent en effet l’image du système administratif du Sénégal et doivent interpeller les nouvelles autorités à engager un dialogue franc avec toutes les parties prenantes, afin de trouver une issue favorable à cette crise.