Le débat politique national très tendu risque de porter un coup dur à l’économie. C’est du moins l’alerte faite par Adama Lam, président de la Confédération nationale des Employeurs du Sénégal (Cnes), invité du jury du dimanche. A l’en croire, le pays est bloqué à cause du débat politique incendiaire opposant le pouvoir et certains leaders de l’opposition. « Il y a un ralentissement dans les investissements. Le climat social et les conséquences sur l’entreprise sont là. Nous constatons que les investissements au sein des entreprises sont au ralenti. Les investisseurs ne veulent pas prendre de risques. Ils préfèrent entendre parce qu’ils ne savent pas ce que demain sera fait », a soutenu M. Lam. Avant d’ajouter : « le débat politique actuel pollue l’atmosphère économique.
Les investissements ne suivent plus. Il y a un ralentissement de l’économie. Il y a une perte d’énergie et de manque de productivité qui est là ». Selon lui, il appartient au Président de la République de faire quelque chose pour apaiser la situation. Ce dernier, dit-il, est le seul qui peut donner des pistes sur lesquelles des investisseurs peuvent s’engager. Par ailleurs, le Président de la Confédération Nationale des employeurs du Sénégal a plaidé pour la réunification des organisations patronales au Sénégal.
« L’idéal aurait été que l’État accompagne la réunification des organisations patronales. Ce pays ne se développera pas avec les étrangers. Ça fait 60 ans qu’on fait les mêmes choses, il est temps de changer de fusil d’épaule. Ce rythme ne peut pas permettre un développement économique important et visible en termes d’offres des nationaux », a déclaré Adama Lam, regrettant le fait que depuis 2016, le Chef de l’Etat ne les a pas reçus. « J’ai écrit à deux reprises le Chef de l’Etat mais, je n’ai pas eu de retour. Le patronat est resté 7 ans sans rencontrer le Chef de l’Etat.
La même dynamique, on la ressent du côté du ministère de l’Économie et des Finances. Pendant des années, il n’y a pas eu de rencontres formelles autour du ministère du ministère du Développement industriel, qui devrait être le pivot de cette restructuration », souligne-t-il. Avant de renchérir : « l’Etat déroule son programme et quelques sociétés essaient de s’y accrocher. Cela ne donnera jamais les résultats que nous escomptons en termes d’émergence. L’essentiel de la puissance de l’État qui est le plus gros client dans notre pays, ses travaux, plus la commande publique, au sens global du terme, vont à l’étranger ».