Le député Guy Marius Sagna tire la sonnette d’alarme
FACE AU REFUS DE CONTRÔLER LE BUDGET DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE
Guy Marius Sagna remplit à fond son rôle de député. L’activiste, devenu parlementaire de la 14e législature sous la bannière de la coalition Yewwi Askan Wi ne cesse de dénoncer les agissements peu orthodoxes des tenants du pouvoir. Il a, hier, à travers un post, révélé que l’Assemblée nationale refuse de contrôler son budget de plus de 20 milliards de FCFA. « Nous avons eu dernièrement le scandale de la gestion du budget de la COVID-19. Le scandale de la gestion du budget de l’Assemblée nationale est-il en cours », s’interroge le parlementaire qui dit avoir interpellé le Président de l’Assemblée nationale du Sénégal aujourd’hui (Ndlr : hier).
A en croire le parlementaire, ce refus de rendre compte de la gestion des 20 milliards de FCFA de l’assemblée nationale du Sénégal est en violation des articles 24 et 30 du règlement intérieur de l’assemblée nationale). Etayant ses propos, il évoque l’article 31 dudit règlement. Lequel dispose que : « la Commission de comptabilité et de contrôle est chargée du contrôle, de la comptabilité et de la gestion des crédits inscrits au budget de l’Assemblée nationale. À cet effet, un rapport écrit portant notamment sur l’état des crédits et la situation des dépenses engagées doit lui être fourni par les questeurs à la fin de chaque trimestre.
La Commission est habilitée à prendre connaissance des documents comptables correspondants ». Mieux, ajoute-t-il : « la Commission de comptabilité et de contrôle dépose un rapport trimestriel et le compte annuel sur le bureau de l’Assemblée nationale. Celui-ci doit en communiquer le contenu aux membres de la Conférence des Présidents. La Commission de comptabilité et de contrôle, après rapprochement des comptes du trésorier avec la comptabilité tenue par les services de la Questure, rend compte à l’Assemblée, par écrit, au début de chaque session budgétaire, de l’exécution du mandat de contrôle qui lui est confié.
Le compte définitif de chaque gestion est adressé par le Président de l’Assemblée nationale au Président de la Cour des Comptes ». D’après Guy Marius Sagna en fin septembre et en fin décembre, la commission Comptabilité et de Contrôle aurait dû recevoir un rapport trimestriel des questeurs conformément à l’article 31 du règlement. Mais, constate-t-il pour le déplorer : « la commission n’a rien reçu. Du moins le vice-président de la Commission de comptabilité et de contrôle que je suis n’a reçu aucun rapport. La Commission de comptabilité et de contrôle n’a déposé ni rapport trimestriel ni rapport annuel sur le bureau de l’Assemblée nationale.
Du moins le viceprésident de cette commission que je suis n’a travaillé sur aucun rapport trimestriel ou annuel. » Rappelant qu’il est membre de trois Commissions permanentes à l’assemblée nationale, il souligne que la Commission de comptabilité et de contrôle est la seule à n’avoir ni groupe WhatsApp ni tenu de réunion. « En Afrique, nous souffrons certes de problèmes de casting mais plus d’un problème de système caractérisé par le présidentialisme néocolonial. Le président de la République à des pouvoirs exorbitants.
Il en est de même du maire, du président du conseil départemental, du président de l’Assemblée nationale, des présidents des commissions de l’assemblée nationale », déplore le parlementaire.