Les Déclarations de Politique Générale (DPG) du Sénégal ont marqué des tournants cruciaux dans l’histoire politique et économique du pays, surtout lors des mandats d’Abib Thiam, l’un des Premiers ministres les plus influents de l’histoire politique sénégalaise.
En 1981, Abib Thiam présente sa première Déclarations de Politique Générale dans un contexte mondial difficile. Le Sénégal fait face à une crise économique profonde : inflation, hausse des prix de l’énergie, diminution des ressources et taux d’intérêt élevés. Le gouvernement tente de répondre à ces défis en lançant un appel au rassemblement des forces politiques et sociales pour préserver les acquis et réformer l’économie. Thiam insiste sur le changement, mais les obstacles internationaux, notamment la hausse du dollar et les tensions économiques mondiales, compliquent la situation du pays. Cette première DPG est un cri du cœur pour l’unité nationale dans un contexte de difficultés accrues.
Le 3 avril 1983, après deux ans de gestion face à une situation économique de plus en plus insoutenable, Abib Thiam est limogé par le président Diouf. Remplacé temporairement par Moustapha Niass, ce dernier occupe la primature pendant seulement 26 jours. Le 29 avril, le poste de Premier ministre est supprimé, un coup dur pour Thiam et une période d’incertitude pour la politique sénégalaise.
Huit ans plus tard, le 8 avril 1991, Abib Thiam revient à la primature pour présenter sa deuxième Déclarations dePolitique Générale. Cette fois, le contexte est très différent : la crise économique persiste, mais le pays traverse également une phase de démocratisation avec l’instauration du multipartisme. Le pays se prépare à un nouvel ordre démocratique, et Abib Thiam cherche à rassembler les forces politiques et à instaurer un gouvernement de changement, d’ouverture et de rassemblement. Il forme un gouvernement composé de diverses formations politiques, dont la LDMPT, le PIT, et le PDSR, marquant une étape vers la construction d’un état de droit.
Cette Déclaration de Politique Générale intervient devant une assemblée plus diversifiée et une opposition plus structurée, avec 18 députés de l’opposition, notamment du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) de Me Abdoulaye Wade. Le pays se trouve à un carrefour : les défis économiques demeurent importants, mais l’ouverture démocratique commence à apporter un espoir tangible de réformes et de stabilité.
Les Déclarations de Politique Générale de 1981 et 1991 illustrent les efforts du Sénégal pour naviguer à travers des périodes de turbulences économiques et politiques. AbibThiam, malgré les épreuves, a toujours cherché à mobiliser les forces vives du pays pour instaurer une stabilité démocratique. Son passage à la primature est un témoignage de la résilience et des défis constants auxquels le Sénégal a dû faire face pour consolider sa démocratie et son économie.
Quarante-trois ans après Abib Thiam, un autre chef du gouvernement va se présenter aujourd’hui à 10 heures, devant le parlement pour effectuer sa déclaration de politique générale. Il s’agit du Premier Ministre, Ousmane Sonko qui va présenter le plan du gouvernement face aux nombreux défis socio-économiques auxquels le Sénégal fait face.
Toujours dans le cadre de la déclaration de politique générale, Ousmane Sonko reviendra à l’assemblée nationale demain pour engager la responsabilité du Gouvernement sur le vote du projet de la loi de finances au titre de l’art 86 al.6 de la constitution. Cette procédure permettra d’adopter le projet de loi de finances sans débat avant la fin de l’année.
Il est également prévu l’installation par les députés de la quinzième législature, de la haute cour de justice, conformément à la volonté du chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye.