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LEVÉE DE L’IMMUNITÉ PARLEMENTAIRE DE FARBA NGOM : L’opposition dénonce une « commande politique », Matam sous haute tension…

Jamais la menace d’une incarcération n’a pesé si fort sur Farba Ngom, dont la levée d’immunité parlementaire a été votée le 24 janvier à une large majorité à l’Assemblée nationale. Cette décision dénoncée par le groupe parlementaire de l’opposition et les partisans du député, convaincus par la thèse d’une « commande politique » visant à nuire à un proche de l’ancien président sénégalais, Macky Sall, a créé une tension électrique dans les Agnams, localité dont Farba Ngom est le maire. Pour empêcher le militant de l’APR d’être traduit de force devant son procès pour détournement de deniers publics, des jeunes ont décidé de barricader la ville de Matam aux Agnams tandis que les religieux portent le combat spirituel.

Au lendemain de la levée de l’immunité parlementaire du député de Takku-Wallu, des tensions ont éclaté dans le Fouta. Le proche de Macky Sall a été cité dans un rapport de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF) concernant des malversations sur les deniers publics, s’élevant à plus de 125 milliards de francs CFA, des tensions ont éclatées dans le Fouta. Convaincus par la thèse d’une commande politique ou d’un règlement de compte avec l’actuel Premier ministre qui rappelons-le, avait défié FarbaNgom lors de la campagne électorale des précédentes législatives, ses partisans manifestent, brûlent et barricadent plusieurs rues entre Oréfondé, Matam et les Agnam, paralysant ainsi la circulation.

Catégoriques, les partisans survoltés ne veulent pas abandonner leur maire à la merci des autorités judiciaires. Le dispositif sécuritaire d’ampleur mis en place par les autorités depuis la veille de la plénière, n’aura pas empêché les inconditionnels de Farba Ngom de sonner la résistance.

Les affrontements avec les forces de sécurité ont provoqué une tension électrique aux alentours du domicile de Farba Ngom, où des images publiées sur les réseaux sociaux montrent des femmes et des vieux s’effondrer, incapables de résister à l’usage intensif de grenades lacrymogènes. D’après les sources de Seneweb, environ dix jeunes ont été arrêtés et placés en garde à vue.

UN COMBAT SPIRITUEL

Dans le Fouta, la résistance ne se limite pas seulement à une force populaire, un combat spirituel a également été engagé par les autorités religieuses région de Matam pour empêcher leur « bienfaiteur » de faire face à une « injustice ». Ces dernières se sont, en effet, réunis vendredi dernier à la mosquée du village de Mboloyel pour organiser des séances de prières à l’endroit du député de l’APR. Tout comme les jeunes, ces leaders coutumiers sont aussi déterminés à préserver les libertés de Farba Ngom. « C’est notre maire, c’est aussi notre bienfaiteur, il nourrit des gens, il les habille, il assiste les malades et aide les jeunes à trouver de l’emploi. Nous sommes conscients que le Sénégal demeure un État de droit mais nous sommes aussi convaincus de l’innocence de Farba Ngom. C’est donc notre rôle de prier pour lui », a martelé l’un d’eux.

LES SOUTIENS SE MULTIPLIENT

Malmené, coincé et encerclé, le chargé de mobilisation de l’Alliance Pour la République, n’aura perdu en rien, son courage. Farba Ngom continue d’acclamer son innocence et de sonner la résistance. En plus du soutien de ses proches conseillers et camardes de parti, il pourra aussi compter sur le soutien de l’opposition sénégalaise et d’autres forces vives de la nation. Après Taxawu Senegaal qui a dénoncé un « acharnement » contre le maire des Agnams, d’autres voix se sont levés pour dire non à l’arrestation du proche de l’ancien président sénégalais.

Invité du Jury du Dimanche (JDD) sur iRadio, le journaliste et écrivain Pape Samba Kane a directement indexé les déclarations du Premier ministre Ousmane Sonko lors de la campagne électorale des législatives, qui selon lui, auraient encouragé cette procédure. « Les déclarations du Premier ministre pendant les campagnes des élections législatives ont pollué le dossier judiciaire », a affirmé le journaliste et écrivain.

M. Kane a par ailleurs déploré l’instauration d’un « État policier financier » qui selon lui, serait marqué par une « fiscalité excessive »et qui détournerait l’attention des véritables priorités des Sénégalais.

Pour sa part, Modou Diagne Fada, leader de LDR Yessalqualifie cette affaire « d’acharnement » contre le député de Takku-Wallu. A l’en croire, le Premier ministre, Ousmane Sonko, et son gouvernement sont animés par une soif de vengeance contre le régime précédent. « Personne ne peut défendre le contraire que cette affaire-là est une commande politique du chef du parti Pastef et que Farba Ngom a été la cible toute désignée de cette machination », a laissé entendre Fada qui plaide pour des réformes judiciaires afin de permettre à « toute personne incriminée par la Centif de pouvoir se justifier ».

D’autres personnalités politiques de l’opposition ou des dignitaires de l’ancien régime, Aliou Sall, pour n’en citer qu’un, ont également témoigné leur soutien au maire des Agnam, une figure politique qui se retrouve dans une situation complexe et sous la menace d’un procès.

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