Le mouvement citoyen « Y’en a marre » a vivement réagi ce mardi contre la loi d’amnistie récemment adoptée par l’État sénégalais. Lors d’une conférence de presse tenue à Dakar, les membres du collectif ont exprimé leur rejet catégorique de cette loi, qu’ils considèrent comme un dangereux recul démocratique. Ils ont exigé son abrogation totale et ont dénoncé ce qu’ils qualifient de justice sélective.
« Y’en a marre » critique principalement le caractère sélectif de la loi d’amnistie, qu’ils estiment favoriser certains acteurs politiques au détriment des victimes. Thiat, l’un des leaders du mouvement, a souligné que cette amnistie ne répond pas aux attentes de justice et d’équité. « On ne peut pas tourner la page sans l’avoir lue », a-t-il déclaré, appelant à un examen rigoureux des conséquences de cette loi.
Les membres du mouvement affirment que cette loi ne fait qu’enfoncer des clivages dans une société déjà fragile et suscite un sentiment d’injustice parmi les populations. Ils ont insisté sur le fait que, loin d’apporter la réconciliation, elle risque de raviver les tensions et de compromettre la confiance des citoyens envers leurs institutions.
Face à cette situation, « Y’en a marre » n’exclut pas la possibilité d’une mobilisation populaire. Selon eux, des actions citoyennes sont en préparation pour exprimer leur désaveu vis-à-vis de cette loi et pour faire pression sur les autorités sénégalaises. Le mouvement appelle ainsi toutes les organisations de la société civile, les syndicats et les citoyens à se joindre à la lutte.
L’objectif du mouvement est clair : dénoncer ce qu’il considère comme un recul démocratique et rappeler que la justice ne doit pas être un instrument de manipulation politique. Selon les leaders de « Y’en a marre », l’amnistie ne doit pas permettre l’oubli des abus, mais plutôt ouvrir un espace pour une véritable réconciliation fondée sur la justice.