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POUR DÉNONCER LEURS CONDITIONS DE DÉTENTION DIFFICILES: Les détenus de Camp Pénal annoncent une grève de la faim illimitée

Les détenus incarcérés à la prison de Camp Pénal de Liberté 6 (Dakar) ne sont pas du tout satisfaits du traitement que leur réserve l’administration pénitentiaire. Ils dénoncent des conditions de détention difficiles, un traitement violent de la part des surveillants et décident d’entamer une grève de la faim illimitée à partir du vendredi 26 juillet. Ils exigent par ailleurs l’intervention physique du ministre de la justice, Jean Baptiste Tine et règlement un meilleur traitement par les gardes pénitenciers.

Décidément, les événements du 19 juin dernier ont laissé des conséquences majeures dans la vie carcérale des détenus et pénitenciers de la prison de Camp Pénal. Depuis ces événements malheureux qui avaient suscité l’attention de l’opinion nationale et internationale, le courant ne semble plus passer entre les gardes pénitenciers et leurs administrés. Pour parer à cette crise qui avaient secoué l’administration pénitentiaire, les autorités ont décidé de transférer plusieurs prisonniers à Rebeuss. Une procédure qui a éveillé des soupçons sur les conditions de traitement des détenus, après la mort d’un des leurs. En effet, les sans liberté qui sont restés à Camp Pénal dénoncent « la mort dans des circonstances douteuses » de leur camarade.

En plus de cet incident, les détenus de Camp Pénal dénoncent une forme de vengeance de la part des surveillants qu’ils accusent de faire montre, depuis lors, d’une volonté de faire du mal aux prisonniers qu’ils fréquentent au quotidien. Des agissements que déplore l’Association pour le soutien et la réinsertion sociale des détenus (ASRED). Interrogée sur cette situation par RFI, l’administration pénitentiaire a pourtant nié toutes les accusations.

Pour se faire entendre, les détenus promettent d’aller en grève de la faim illimitée dans trois jours. « Les détenus ne disposent d’aucun moyen, ils ne peuvent pas jeter des pierres aux agents pénitentiaires. Ils ne peuvent pas se battre avec les gardes. Leur seule arme, c’est la grève de la faim qui a un but bien précis : faire comprendre aux gens que nous ne sommes pas des animaux. Nous sommes des êtres humains. Nous acceptons notre sort, mais venez à notre secours », a déclaré Ibrahima Sall, président de l’Association pour le soutien et la réinsertion sociale des détenus (ASRED).

L’Association exige par ailleurs le respect des engagements des autorités pour l’amélioration des conditions de détention et invite le ministre de la justice à venir s’enquérir de leur situation. Sans quoi, la grève de la faim risque de durer. « C’est une responsabilité que les autorités doivent assumer. Nous demandons également un déplacement du ministre de la Justice pour s’enquérir de la situation de ces individus-là », a expliqué Ibrahima Sall.

Le 19 juin 2024, le Camp pénal de Liberté 6 a été le théâtre d’une mutinerie. Une séance de fouille des chambres avait mal tourné avant de virer à une journée d’affrontements entre détenus et surveillants de prison. Des grenades lacrymogènes et des coups de feu ont été entendus aux alentours de la prison, suscitant une vive inquiétude parmi les riverains et les familles des détenus.

Djibril DEME

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