«J’ai été journalier au Port. Je gagnais 5900 francs Cfa par semaine.» Cette confidence est symptomatique du parcours sinueux d’Abass Fall. Fraîchement élu maire de Dakar, la voie qui l’a mené aujourd’hui aux fonctions les plus élevées de l’administration sénégalaise (centrale comme décentralisée), n’aura pas été des plus rectilignes.
Bien qu’imam, son papa n’a pas voulu l’initier qu’au livre sacré. Il a tenu à ce qu’il fasse aussi une brillante carrière dans l’école française, confiait le tout nouvel édile de Dakar dans une émission. Et c’est à Colobane 3, puis au Cem Mansour Sy, qu’Abass Fall obtiendra ses premiers diplômes.
Puis, le natif de Colobane sera inscrit au lycée Limamoulaye où il décroche son Bac. Ce parchemin en main, les portes de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar se sont ouvertes à lui. A l’Ucad, Abass Fall décrochera une maîtrise en Anglais. A ce diplôme, il joindra un master en Gestion des ressources humaines et même, un master en Sciences politiques.
Mais, ces gros parchemins ne lui assurent pas tout de suite un emploi solide. Friand de son autonomie, Abass Fall enchaînera les petits boulots, confiait-il dans un entretien. De journalier à guide touristique, puis enseignant, Abass Fall ne commence à accéder aux fonctions les plus huppées de la République qu’à partir de 2022. Le Coordonnateur départemental de Pastef à Dakar sera élu député en 2022 puis en 2024.
Mais, Abass Fall n’ira pas au bout de la quinzième législature. Il sera porté au gouvernement en décembre 2024. Une récompense, après avoir conduit la victoire stratégique de Pastef à Dakar, fief de Barthélémy Dias. C’était l’acte deux de son épique bataille contre Barthélémy Dias, après son éviction du poste de premier adjoint au maire en 2023. Ce lundi 25 août, le «Boy Colobane» a signé l’acte trois.
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