En France, le système de covoiturage existe depuis plusieurs décennies. Tel n’est pas le cas au Sénégal ou un tel système est loin de faire l’unanimité chez les chauffeurs de taxis qui voient en cette pratique, une concurrence déloyale.
Les taxis au Sénégal ont exprimé leur « ras-le-bol » samedi, en observant une mini-journée de grève, interdite par le Préfet de Dakar, pour protester contre la concurrence exercée par les «clandos », Jakaarta et autres voitures qui font le covoiturage à moindre coût. Les chauffeurs de taxis vivent dans d’énormes difficultés avec la concurrence déloyale à la- quelle, ils font face et qui a fortement perturbé leur système de voyage. Ces taximen qui ont vu leur marche interdite et crient le ras bol invitant les autorités à réguler le secteur.
»Notre marche de protestation qui devait se tenir hier (mardi) a été interdite par le préfet de Dakar. Cependant, le dérèglement du secteur du transport et les difficultés liées au transport irrégulier d’une manière générale comme les applications, les motos deux roues, les transports entre autres perturbent nos systèmes de voyage. Une situation très dure pour les chauffeurs de taxi, des manquements dans le secteur lié à cette rude concurrence », a expliqué le secrétaire général des syndicats des chauffeurs de taxi Modou Ndiaye.
« Aujourd’hui, nous sommes confrontés de plein fouet à la concurrence déloyale des clandos, motos Jakarta et certains particuliers qui sont dans le covoiturage, qui travaillent quasiment sans règlementation », dénonce Modou Ndiaye. « On ne se bat pas à armes égales. C’est comme si on demandait à deux lutteurs de descendre dans l’enceinte, mais l’un des deux, vous lui attachez les deux bras derrière le dos », assure ce chauffeur, dans la profession depuis plusieurs décennies.
Ainsi, avec l’arrivée du BRT qui représente une clientèle potentielle lucrative, attirée par la rapidité et l’efficacité du nouveau système de transit, les taximen commencent à rencontrer des difficultés.
En à croire M. Ndiaye, cette situation est devenue, plus difficile, chez les taxis dénommés « bokkou bokk » dont certains ne peuvent plus même avoir le nombre exacte de clients pour faire des aller et retour vue que le BRT emprunte le même trajet ainsi les clients se font rares car les Sénégalais aiment les choses nouvelles. souligne-t-il.
Autre sujet de frustration des chauffeurs de taxis, le paiement de la licence de taxi. « Je payée la licence, la patente, le droit de stationnement. Je dois respecter toute une série de règles très strictes, explique ce chauffeur qui a pris le relais de son père
dont le poids de l’âge ne peut plus supporter les affres de la circulation. Cependant, le syndicat demande de l’aide à l’État du Sénégal pour la réorganisation du secteur du transport.
« Le transport n’est plus seulement une affaire du ministère des transports, car aujourd’hui, le secteur tourne autour de plusieurs ministères, raison pour laquelle il est important de prendre des mesures importants afin de régulariser ce secteur » conclut-il.