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Rupture au sommet : Mimi Touré répond aux piques de Sonko et clarifie la ligne du pouvoir

Ousmane Sonko a évoqué hier mardi face à la presse des divergences de fond avec le président Bassirou Diomaye Faye, notamment sur la reddition des comptes et la gestion de la dette publique. Mais ce matin sur RFI, Aminata Touré, coordinatrice de la coalition Diomaye Président, a tenté de rassurer. Pour elle, la rupture politique intervenue ces derniers jours ne signifie ni abandon des engagements de gouvernance ni renoncement aux réformes promises aux Sénégalais. « La reddition des comptes ne doit pas devenir un règlement de comptes », a-t-elle expliqué.

Parmi les principaux sujets de désaccord évoqués par le patron de Pastef figure la question de la reddition des comptes. Des inquiétudes ont été exprimées sur une supposée volonté du chef de l’État d’adopter une approche moins offensive dans la poursuite des dossiers de gestion publique. « Pourquoi dire que c’est la fin de la reddition des comptes ? Peut-être que c’est au contraire le début d’une reddition des comptes conforme à l’indépendance de la justice », a répondu Mimi Touré.

L’ancienne ministre de la Justice, interrogée sur la question, insiste sur la nécessité de distinguer justice et combat politique. « La reddition des comptes ne veut pas dire règlement de comptes. Ce sont deux choses différentes. » Selon elle, la volonté politique ne saurait remplacer les exigences du droit : « Vous pouvez avoir un adversaire politique que vous n’aimez pas et que vous souhaiteriez voir disparaître de la scène politique. Cela ne suffit pas pour qu’un juge le condamne. »

Pour le camp présidentiel, Bassirou Diomaye Faye demeure profondément attaché à la transparence et à la responsabilité dans la gestion publique, mais dans le respect strict des principes de l’État de droit. « Le président est plus que jamais pour la reddition des comptes, mais pas pour le règlement de comptes. »

La dette : une approche pragmatique plutôt qu’idéologique

Autre sujet de friction entre les deux hommes : la gestion de la dette publique et les relations avec le Fonds monétaire international. Là encore, les proches du gouvernement plaident pour une approche pragmatique. « Ce n’est pas une question idéologique. C’est une question très pratique. » Selon eux, la réalité budgétaire impose aujourd’hui des discussions avec les créanciers internationaux : « Lorsqu’un pays a des difficultés à faire face à ses engagements, il faut trouver des solutions soutenables. »

Le terme de « restructuration » reste cependant très sensible au Sénégal en raison du souvenir douloureux des programmes d’ajustement structurel des années 1980. « Ce mot rappelle une période où l’on a réduit les programmes sociaux, licencié massivement et aggravé la pauvreté. » Le gouvernement privilégierait ainsi davantage la notion de « reprofilage » de la dette. « Il faudra discuter avec les partenaires pour construire une stratégie soutenable à la fois pour le pays et pour les populations. »

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