Scènes de chaos en Papouasie-Nouvelle-Guinée, état d’urgence à Port Moresby
Scènes de chaos en Papouasie-Nouvelle-Guinée, état d'urgence à Port Moresby
Le Premier ministre James Marape a déclaré, ce jeudi 11 janvier, l’état d’urgence pour quatorze jours dans la capitale, Port Moresby, après des émeutes qui ont fait une quinzaine de morts et plus d’une vingtaine de blessés dans les deux principales villes du pays. Elles ont éclaté après des manifestations de fonctionnaires de police qui protestaient contre une baisse de leurs salaires. Plus de 1 000 soldats sont prêts à intervenir.
Tout est parti d’une baisse des salaires inexpliquée, poussant des groupes de soldats, de policiers et de gardiens de prison à se mettre en grève et à manifester, dans le calme. Le gouvernement a promis de rectifier et évoque un problème technique.
Mais très vite, la situation dégénère. Des foules en colère se joignent au mouvement dans ce pays très pauvre et au taux de criminalité élevé. Jusque tard dans la nuit, la capitale sombre dans le chaos avec des scènes de pillages, de saccages et de bâtiments incendiés. Les émeutes se répandent jusqu’à Lae, à 300 kilomètres plus au nord et dans au moins quatre autres villes du pays.
Un peu plus tôt, une foule moins nombreuse s’était rassemblée devant le bureau du Premier ministre à Port Moresby, arrachant une barrière de sécurité et incendiant une voiture de police en stationnement. Des émeutiers auraient également pris pour cible des entreprises appartenant à des Chinois. Le ministère chinois des Affaires étrangères a déposé une plainte auprès du gouvernement et indiqué que deux ressortissants chinois avaient été « légèrement blessés » lors des violences. L’ambassade des États-Unis a fait état de coups de feu tirés près de son enceinte alors que la police tentait de « disperser des groupes de pillards ».
Dans une adresse à la nation, le Premier ministre James Marape fustige les forces de l’ordre et prévient qu’aucune explosion d’anarchie ne sera tolérée. La situation reste très tendue dans certains quartiers de la capitale. La police a reçu l’ordre de tirer à balles réelles. Plusieurs pays, dont l’Australie, ont appelé au calme.