L’affaire Sweet Beauté va, bientôt, livrer tous ses secrets. Pour la simple raison que ledit dossier, opposant Ousmane Sonko à Adji Sarr, vient d’être renvoyé en chambres criminelles pour jugement, par le doyen des juges qui a signé l’ordonnance de renvoi, hier. Une «victoire» dans cette affaire de «viol et menace de mort» pour Me El Hadji Diouf qui assure la défense de la masseuse.
Ousmane Sonko est finalement inculpé «de viols et de menaces de mort sur la masseuse Adji Sarr». Par conséquent, le leader de Pastef est renvoyé devant les chambres criminelles pour jugement. Ainsi en a décidé le doyen des juges, Oumar Maham Diallo qui a signé l’ordonnance de renvoi, hier. Une décision positivement appréciée par la défense de la partie civile. «Le juge d’instruction, malgré toute les pressions, les manipulations et les campagnes pour le non-lieu, est resté zen et courageux pour conduire l’instruction à son terme et renvoyer Ousmane Sonko et Ndèye Khady Ndiaye devant les chambres criminelles. C’est une première grande victoire face à la campagne effréné menée par le camps d’Ousmane Sonko pour obtenir le non-lieu», a déclaré Me El Hadji Diouf. Et l’avocat de Adji Sarr d’afficher son optimisme quant à l’issue de de ce procès qu’il qualifie d’«ordinaire».
«C’est un procès très ordinaire et nous le préparons comme tous les autres procès. Il n’y a rien de spécial dans ce procès même si certains ont voulu théorisé un complot, faire des pressions et même bruler le pays pour un dossier de viol aussi simple», minimise-t-il. Le juge d’instruction a, ainsi, suivi le réquisitoire du procureur de la République qui avait requis le renvoi de Ousmane Sonko et Ndeye Khady Ndiaye devant les Chambres criminelles, et de les poursuivre respectivement pour «viols, menaces de mort, et incitation à la débauche, diffusion d’images contraires aux bonnes mœurs et complicité de viol». Le 6 décembre dernier, l’opposant Ousmane Sonko et son accusatrice Adji Sarr ont été entendus au tribunal de Grande instance hors classe de Dakar par le juge d’instruction dans le cadre de l’affaire «Sweat Beauty».
Après leurs auditions séparées, ils s’étaient retrouvés dans le bureau du Doyen des juges Oumar Maham Diallo pour une confrontation. Adji Sarr, qui travaillait dans le salon de massage «Sweat Beauty» accuse depuis février 2021 le leader de Pastef, Ousmane Sonko, de «viols répétitifs et de menaces de mort». L’opposant et ancien député, sous contrôle judiciaire depuis mars 2021, nie les faits dont il est accusé et soutient être la cible d’un «complot» tramé par ses adversaires politiques. Le déclenchement de cette affaire avait provoqué de violentes manifestations occasionnant la mort de 14 personnes et de nombreuses destructions en mars 2021.