Votre site d'informations généraliste

TAMKHARITE: La disparition du fameux tadiabone

La Tamkharite a été célébrée ce mardi 16 juillet au Sénégal et dans plusieurs pays du monde. « Achoura » marquant la nouvelle année des musulmans a été tenue dans les meilleures conditions. Malgré l’assaut des sénégalais sur le couscous « Thiéré », un constat majeur a été fait pour cette année. En effet, le fameux « tadiabone », une pratique longtemps fustigée par les chefs religieux, semble disparaître au Sénégal.

Comme chaque année à l’occasion de la Tamkharite, un « tong tong » est organisé. Cependant, le constat est fait dans certains quartiers de Dakar.  Certains senegalais ou même certains enfants ont adopté la maturité. Fêter chaque le 10ème jour du mois Muharram, premier mois du calendrier islamique, la Tamkharite est un moment de réflexion spirituelle et de renouveau pour les musulmans. Auparavant, au moment où les femmes se mettaient à préparer le couscous, les enfants qui, comme chaque année, ne lésinent sur aucun moyen pour s’offrir un « tam-tam » qu’ils comptaient utiliser pour célébrer le « Tâjabone ». Une tendance qui commence à disparaître dans certains quartiers de Dakar.

A Keur Massar, non loin de la brigade de gendarmerie, se regroupent des enfants qui discutaient sur le « tadiabone ». Selon eux, le temps ne les permet plus de se penser sur les préparatifs du Tamkharite. « Auparavant, nous préparions le tadiabone comme tous, moi j’ai juste 12 ans mais ça ne m’empêche pas de faire le tadiabone, malheureusement les temps ont évolué et on a plus de vacances qui nous permettraient de nous concentrer sur la fabrication des fameux « tam tam » avec les pots de tomates », souligne ce jeune répondant au nom dAmadou.

Pour Hamdy, c’est le contraire, il veut bien faire la tadiabone, mais ces parents n’acceptent pas qu’il sorte la nuit au risque de se perdre. « Chaque année je préparais le “tadiabone”, j’allais chercher avec des amis des pots pour pouvoir construire des Tam Tam, mais ces dernières années mes parents m’interdisent de sortir risque de me perdre. Tantôt ensemble, tantôt séparés, moi et mes amis se mettaient à aller faire le tadiabone, et toujours même si ma mère n’avait pas insisté pour que je ne sorte pas, j’allais encore fêter cette belle tradition », expliquet-il.

En vue des nouvelles technologies, les nouvelles applications, le fameux tadiabone a été détourné en simplicité, c’est l’avis de Modou. Pour lui, « les enfants d’aujourd’hui sont hypnotisés par les écrans. Ils jouent plus, ils n’osent même plus penser à fêter le tadiabone, et les influenceurs se mettent à faire la fête en mode yobou thiéré accompagné de « Bogomane » et des « sabar » et rendre visite à des stars. Ce qui veut dire que le tadiabone a été dénaturé de sa route », renchérit ce jeune étudiant.

Selon Modou, la fête a moins d’ampleur maintenant aussi à cause de l’urbanisation sauvage, de l’éclatement du tissu social et de l’insécurité. Par ailleurs les Imams décrient cette manière festive de célébrer l’Achoura estimant l’Achoura doit être un jour de deuil et non de réjouissance. Il dénonce notamment le travestissement en homme et en femme interdit selon lui par le Coran.

laissez un commentaire