Arame NDIAYE et Baba Djibril DIA risquent la peine maximale de dix (10) ans pour trafic de chanvre indien. Ce, si le juge suit le réquisitoire du parquetier général lors de sa délibération du 2 juillet prochain. Appréhendés chez la veuve et mère de six enfants, Arame, avec une valise contenant 10 kilogrammes de chanvre indien, les accusés ont nié les faits. Selon Arame, la valise qu’elle avait contenait des habits de femme.
Vêtue tout en blanc, Arame NDIAYE, a comparu, chapelet à la main et une voile blanche sur la tête, devant la chambre criminelle. Egrenant son chapelet en douceur, elle a été interrompue par le juge qui lui a demandé de ranger son ceci. A ses côtés se tient son co-accusé, Djibril DIA, habillé en boubou Getzner de couleur verte. Entendu en premier, M. DIA a réitéré les mêmes propos, qu’il avait confié aux enquêteurs.
Le 5 octobre 2022, vers 13 heures, au moment où il s’apprêtait à aller prendre le déjeuner chez lui, au bord de sa moto, il explique avoir été interpellé par Arame NDIAYE qui descendait d’un taxi-clando avec une valise noire. Elle voulait qu’il transporte la valise chez elle. Ignorant ce que contient cette dernière, il accepte. Il fait monter la valise noire sur sa moto et se dirige vers la demeure de celle-ci. Arrivé sur les lieux, il descend, sonne à la porte. Un des enfants de la dame lui a ouvert la porte. Il confie avoir fait monter la valise jusqu’au premier étage, là où habite l’accusée. Il confie la valise aux enfants d’Arame NDIAYE et prend congé. Il déclare avoir été arrêté devant la maison de la dame, quand il s’apprêtait à redémarrer sa moto pour rentrer. Les policiers lui ont intimité l’ordre de les conduire là où il avait déposé la valise. Ne comprenant pas ce qui se passait, il déclare avoir conduit les limiers chez sa voisine et leur a montré la valise. Après ouverture de celle-ci, il atteste qu’un sachet bleu a été sorti. Ce qu’il contenait, il dit l’avoir ignoré. C’est à ce moment qu’Arame NDIAYE est entrée dans la maison. Elle sera menottée comme DIA par les policiers.
Sa voisine lui confie une valise pleine de drogue…
Devant la chambre criminelle, Djibril DIA ne cesse de crier son innocence. Selon lui, il ne savait pas ce que contenait la valise. Sa voisine est presque une maman pour lui car, il est ami avec ses enfants. Quand elle lui a demandé de l’aider à transporter sa valise, il a accepté. Il a l’habitude de prendre les bagages des mamans du quartier car, son atelier de réparation de moto se trouve sur la grande voie, signifie-t-il.
Suite à ces propos, le procureur lui rétorqua que : « dans ce monde, il ne faut jamais faire confiance aux gens au point de prendre des choses sans connaitre leurs contenus ». Une leçon qu’il a apparemment sue à ses dépens.
Revenant sur les circonstances de son arrestation, la veuve, Arame NDIAYE explique qu’elle revenait de Touba et qu’elle avait descendu aux garages beaux maraichers. De là, elle avait pris un taxi clando pour rentrer à Guédiawaye. Malheureusement pour elle, elle n’avait pas assez de sous pour payer une voiture afin de rejoindre sa demeure. C’est sur ces entrefaites qu’elle a demandé à Djibril DIA de transporter sa valise jusque chez elle, au bord de sa moto. Il s’apprêtait à aller chez lui, éclaire la dame. Comme elle avait des courses à faire, elle déclare avoir dit au gars, de confier la valise noire à ses enfants. Mais, à sa grande surprise, elle retrouve des policiers dans sa maison qui lui ont passé les menottes devant ses enfants. Djibril ne savait pas ce que contenait la valise, note-t-elle. Elle insiste pour dire que sa valise n’avait que des habits.
La veuve ‘’dealeuse’’ conteste les faits
Ce qu’elle ignorait est que les policiers de Wakhinane-Nimzatt ont reçu des informations selon lesquelles, Arame NDIAYE tenait un trafic intense de drogue au quartier Ndiaréme de Guédiawaye. Et qu’elle est aidée par un nommé Diogo. Qui, s’activait à la distribution de la drogue grâce aux services de conducteurs de motos. Diogo et ses collaborateurs sont actuellement recherchés.
Face aux enquêteurs, la mère ‘’dealeuse’’, née en 1987, avait reconnu les faits. Elle avait déclaré que ce jour, un nommé Pa BA l’a appelé vers les coups de 10 heures pour lui dire que sa commande de drogue était arrivée au garage des beaux maraichers. Elle est allée sur les lieux pour récupérer la valise noire contenant les 10 kg de chanvre indien, acheté à 60 000f. Après avoir récupéré la substance illicite, elle a pris un taxi clando pour rejoindre sa demeure. A sa descente de la voiture, elle confie avoir supplié M. DIA pour qu’il lui apporte sa valise chez elle.
Pour le procureur, les accusés sont de mauvaise foi. Ils ont bien mené leur entreprise, de la réception à la distribution. Ainsi, il a requis en leur encontre dix (10) ans ferme.
Selon l’avocat d’Arame NDIAYE, sa cliente n’a pas été retrouvée avec une valise contenant de la drogue. « Les déclarations contenues dans un procès-verbal ne constituent pas de preuves », détaille la robe noire. Il plaide pour l’acquittement de sa cliente. A défaut, il demande au juge de disqualifier les faits de trafic de drogue en détention. D’après lui, les enfants de l’accusée sont dans le désarroi.
Le délibéré est attendu au 2 juillet prochain.
Fanta DIALLO BA