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À Touba, des routes dégradées qui mettent le quotidien des habitants à rude épreuve

Capitale spirituelle du mouridisme et pôle économique bouillonnant, Touba voit son quotidien perturbé par l’état alarmant de plusieurs axes routiers. Entre nids-de-poule, poussière et dangers pour les populations vulnérables, les habitants lancent un cri d’alarme avant la prochaine saison des pluies.

La réputation de Touba n’est plus à faire : densité de population record, effervescence commerciale et dynamisme entrepreneurial en font une ville unique au Sénégal. Pourtant, cette vitalité se heurte à un obstacle de taille : la dégradation avancée de nombreuses voies structurantes. De Ndamatou à Guédé, en passant par Niary Pneu et Niary étage, le constat est unanime : le revêtement est dans un état de délabrement très préoccupant.

Parmi les tronçons les plus critiques, la route menant à Keur Baye Lahat est souvent citée en exemple. Très fréquentée par les véhicules, les motos et même les charrettes, elle est devenue quasi impraticable, surtout en hivernage. Ibrahima Seck, habitant de la zone, témoigne : « Les femmes enceintes qui empruntent cette voie sont exposées à de grands risques à cause des nombreux nids-de-poule. » Un danger quotidien qui aggrave la précarité des déplacements locaux.

Face à cette situation, Ousseynou Ndiaye, comme beaucoup d’autres, appelle les autorités à agir sans attendre. Il plaide pour une réfection urgente des routes de la commune, afin de « soulager les populations ». L’enjeu n’est pas seulement sécuritaire : il est aussi économique. La route de Ndamatou, par exemple, dessert plusieurs localités et des zones commerciales stratégiques. Les travailleurs installés le long de cet axe subissent pleinement les nuisances liées à la poussière, au détriment de leur santé et de leur bien-être.

L’approche de l’hivernage aggrave les craintes. Ngora Niang, habitante du secteur, résume l’angoisse générale : « En période de pluies, se déplacer devient un véritable luxe. » Les nids-de-poule se transforment alors en bourbiers infranchissables, paralysant la vie sociale et économique.

Les populations, en particulier les femmes, lancent donc un appel pressant aux autorités pour que ces axes soient reconstruits avant les prochaines pluies. Les femmes, piliers de l’économie locale, exercent leurs activités entre le marché Mame Seynabou Ndiaye, le marché au poisson et le foirail – des lieux essentiels à l’animation de Touba. Tant que les routes resteront en l’état, ce sera tout un écosystème entrepreneurial et familial qui continuera de pâtir d’un handicap évitable.

En attendant des mesures concrètes, les habitants de Touba redoublent de prudence et espèrent que leur cri d’alarme ne restera pas lettre morte.

Aziz WATT

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