Aflatoxin dans le riz consommé au Sénégal : Pas de panique, Il suffit de revoir les conditions de conservation de cet aliment
L’aflatoxine est une toxine qui ne s’introduit pas seule dans nos aliments. Elle est sécrétée par un champignon : Aspergillus flavus.
Ce champignon se développe dans des conditions d’humidité et de chaleur qui sont favorables à leur multiplication, lors de la conservation ou du stockage de certains aliments.
Donc on ne peut pas dire que « notre riz contient de l’aflatoxine », comme l’ont titré certains journaux. Notre économie nationale risque d’en pâtir, et l’effort d’atteinte de l’autosuffisance alimentaire en riz freiné.
Il faut comprendre que : le riz mal conservé peut contenir de l’aflatoxine. Solution : revoir la conservation et le stockage.
Cette étude a porté à la fois sur des échantillons de riz importé et sur des échantillons de riz local.
La toxine a été retrouvée dans les deux catégories, avec des taux de contamination différents. Donc pas de truc de riz local.
Cette étude doit surtout nous amener à nous interroger sur la place du Sénégal dans les politiques de sécurité sanitaire des aliments, mais aussi sur le rôle et la responsabilité de la Commission Nationale du Codex Alimentarius.
Nos aliments peuvent être contaminés à tout moment.
C’est pourquoi le « CODEX ALIMENTARIUS », ou « code alimentaire », a été mis en place. C’est un ensemble de normes qui visent à :
1. Protéger le consommateur ;
2. Garantir un commerce international équitable.
Ces normes couvrent: l’étiquetage, l’emballage, jusqu’aux conditions de production agricole avec le respect des Limites Maximales Résiduelles, LMR, pour les produits phytosanitaires de synthèse qui sont appliquées sur les produits agricoles.
L’objectif principal est la préservation de la santé des populations.
Dans le contexte actuel, avec les résultats de l’Institut de Technologie Alimentaire, ITA,
sur la contamination du riz local, il est important de dire aux Sénégalais :
Tout le riz consommé au Sénégal n’est pas contaminé.
C’est le riz mal conservé qui peut l’être.
Soyons vigilants sur toute la chaîne :
Du transport depuis les lieux d’importation jusqu’au Port de Dakar, avec un contrôle rigoureux des échantillons au Port d’abord.
Aux contrôles de nos services d’hygiène chez les grossistes, demi-grossistes et détaillants, en leur donnant aussi les moyens de leur mission.
Et au stockage dans les ménages, qui doit impliquer hommes et femmes.
La contamination peut survenir à tous les niveaux.
Le problème n’est donc pas le riz.
Le problème, ce sont les conditions de conservation et de stockage qui favorisent le développement de cette toxine.
Pape Adama Diouf, chargé de la communication du Mouvement National des Jeunes de la République des valeurs – Monjer de Thierno Alassane SALL, Doctorant en sciences agronomiques et environnementales, ingénieur spécialisé en agriculture, et titulaire d’un master en Prévention et Gestion des Risques liés à la Sécurité Alimentaire en Afrique.