AGENCE NATIONALE DES AFFAIRES MARITIMES : Mamadou Thiaw prend la barre, Bécaye Diop lui laisse 22 milliards
Le passage de témoin à la tête de l’Agence nationale des affaires maritimes (ANAM) s’est fait entre bilan et nouvelles ambitions. Nommé en juillet 2026 en remplacement de Bécaye Diop, Mamadou Thiaw a officiellement pris fonction, après vingt mois de gestion de son prédécesseur, qui a présenté un bilan marqué par plusieurs projets structurants et une situation financière qu’il juge solide.
Dans son discours d’adieu, Bécaye Diop a comparé son départ à celui d’un navire arrivant au terme de sa traversée avant de laisser un nouvel équipage prendre la mer. « Je quitte la NAM aujourd’hui en laissant à votre disposition 22 milliards de francs CFA en réserve », a-t-il déclaré. Selon lui, il avait trouvé 15 milliards dans les comptes à son arrivée. Cette réserve doit, à ses yeux, permettre à son successeur de poursuivre le financement du développement de l’agence et du secteur maritime.
Durant ses vingt mois à la tête de l’ANAM, Bécaye Diop dit avoir articulé son action autour d’une vision : « transformer notre potentiel maritime en emplois et en souveraineté ». Il a cité, parmi les réalisations, la convention de 25 milliards de francs CFA signée avec la Corée du Sud pour la construction de deux navires de 35 places et d’un nouveau quai de 100 mètres à Gorée. Une gare maritime doit également y être construite.
L’ancien DG a aussi annoncé la rénovation de l’École nationale de formation maritime, construite en 1919, ainsi que la création d’une Académie maritime et de quatre centres de formation aux métiers de l’économie bleue. Il a également mis en avant l’acquisition prochaine de quatre vedettes de service et la réception de huit embarcations destinées à améliorer la mobilité dans les zones enclavées. En Casamance, il a évoqué une convention de 42 milliards de francs CFA pour les ports de Kafountine et de Ziguinchor, le dragage, la formation aux métiers de la mer et le transport fluvial et maritime. La digitalisation des services de l’ANAM figure également parmi les acquis revendiqués. Prenant le relais, Mamadou Thiaw a salué le travail de son prédécesseur et promis de s’appuyer sur les acquis. Il entend toutefois imprimer sa marque à l’agence, avec une gouvernance fondée sur « la rigueur, la transparence, la redevabilité et le culte du résultat ». Pour le nouveau DG, l’ANAM doit contribuer davantage à faire du secteur maritime « un moteur de croissance durable, de création d’emplois, d’innovation et de prospérité partagée ».
Mohamed SY