Allemagne : projet de recherche sur les grandes bascules
Réunissant des chercheurs africains et européens issus de différentes disciplines, « Megatrends Africa » est financé par le gouvernement fédéral allemand par le biais de six ministères : les Affaires étrangères, la Coopération économique et le Développement, les Finances, la Défense, l’Économie et l’Énergie, ainsi que la Recherche, la Technologie et l’Espace, selon l’IDOS.
Alimenter un débat public plus nuancé sur l’Afrique
Des ateliers rassemblant des représentants du monde universitaire, de la sphère politique et de la société civile sont également prévus afin de croiser les points de vue et d’alimenter un débat public plus nuancé sur l’Afrique.
Le projet se penche sur les effets du nouvel ordre mondial et des principales mégatendances sur la politique, les économies et la paix en Afrique, sur la manière dont les sociétés africaines définissent leurs choix dans un système international de plus en plus fragmenté, ainsi que sur les domaines dans lesquels l’Allemagne et l’Europe peuvent renforcer leur coopération avec des partenaires africains autour d’intérêts communs.
Alors que le retour de la guerre en Europe, avec le conflit en Ukraine, et la fragmentation de l’Occident posent de nouveaux défis à l’Allemagne et à l’Europe, les pays africains prennent une importance croissante en tant que partenaires, qu’il s’agisse de réformer l’ordre multilatéral, de réduire les dépendances économiques ou d’attirer des travailleurs qualifiés, soulignent les promoteurs de l’initiative. Ces évolutions créent, explique-t-on, de nouveaux défis pour les décideurs allemands et européens et accentuent le besoin de recherches et de conseils politiques fondés sur la science.
L’Afrique à l’heure des mégatendances
Les pays et les sociétés africains traversent en parallèle de profondes transformations, portées ou façonnées par des mégatendances mondiales. Celles-ci ont des effets majeurs sur les systèmes sociaux, économiques et politiques, notamment à travers le changement climatique, l’urbanisation, la numérisation, l’évolution démographique et les recompositions de l’équilibre mondial des puissances, ajoute-t-on. Le projet articule ses travaux autour de quatre axes : paix et sécurité, avenir de la démocratie, perspectives économiques et rôle de l’Afrique dans le nouvel ordre mondial.
Sur le volet paix et sécurité, le consortium analyse la hausse des conflits, du nombre de victimes civiles et des déplacements de population en Afrique, ainsi que l’imbrication entre multipolarité internationale, fragmentation régionale et militarisation croissante à l’échelle nationale. Concernant la démocratie, il s’intéresse à l’autocratisation, aux mouvements de contestation politique et aux effets de la démographie, de la numérisation et de l’urbanisation sur les attitudes politiques des citoyens africains.
Des besoins d’investissement croissants face au recul des financements traditionnels et aux risques d’endettement
Sur le plan économique, l’analyse porte sur le financement des besoins croissants d’investissement dans le climat, l’éducation et les infrastructures, alors que les sources de financement traditionnelles se raréfient et que les risques d’endettement augmentent. S’agissant enfin du nouvel ordre mondial, le projet étudie les rapports de force géopolitiques, la montée du multi-alignement en Afrique et l’intensification des engagements politiques, économiques et militaires sur le continent de pays comme la Chine, la Russie, les Émirats arabes unis et la Turquie.