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ASSAINISSEMENT À DAKAR : L’Onas riposte aux critiques et mise sur le dialogue

Aziz Watt

Acculé par les critiques liées aux reflux d’eaux usées dans plusieurs quartiers de Dakar, l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) défend ses interventions et pointe les obstructions du réseau ainsi que la vétusté des infrastructures. Dans son communiqué du 25 octobre, l’organisme appelle les élus territoriaux à privilégier le dialogue et l’action concertée.

 

Des réseaux à bout de souffle

Les eaux usées débordent, les désagréments persistent et les critiques montent. Après les fortes pluies du 4 octobre, plusieurs quartiers de Dakar font face à des dysfonctionnements du réseau d’assainissement. Face aux interpellations, l’ONAS sort du silence et livre sa lecture de la situation. L’Office met notamment en cause l’ouverture de regards par certains riverains pour faciliter l’évacuation des eaux pluviales. Selon lui, ces pratiques favorisent l’intrusion de sable, d’ordures et de déchets solides dans les canalisations, provoquant des bouchons qui compliquent les opérations de débouchage. À ces facteurs s’ajoute l’état vieillissant du réseau. Certaines conduites, souligne l’ONAS, remontent à près de 70 ans. Une vétusté aggravée par l’urbanisation croissante, qui soumet des infrastructures fragilisées à une pression supplémentaire et augmente les risques de rupture.

L’organisme défend également les ouvertures de chaussées et les déposes ponctuelles de pavage constatées sur certains sites. Ces opérations, explique-t-il, sont nécessaires pour accéder aux conduites et effectuer les réparations. Elles relèvent donc, selon lui, des contraintes techniques des travaux et non d’une volonté de dégrader la voirie.

Pour remédier durablement à ces difficultés, l’ONAS cite notamment le projet de renouvellement du collecteur Hann-Fann, présenté comme un chantier de modernisation des infrastructures d’assainissement.

 

Pikine, Grand Yoff, Rufisque : le terrain en première ligne

Sur le terrain, les équipes poursuivent leurs interventions pour rétablir le fonctionnement des ouvrages. L’ONAS affirme avoir résorbé plusieurs obstructions aux Maristes, à Pikine, à Grand Yoff et dans différents quartiers de Rufisque. L’Office met en avant l’engagement de ses agents, mobilisés dans des conditions souvent difficiles. Mais derrière les explications techniques et les opérations de dépannage, les attentes des habitants restent pressantes : retrouver un environnement salubre, éviter la stagnation des eaux usées et bénéficier d’un service d’assainissement fiable. Car si les interventions d’urgence permettent de soulager certaines zones, la répétition des dysfonctionnements pose la question de la capacité du réseau à répondre durablement aux besoins d’une agglomération en constante expansion.

 

L’Onas prône l’union plutôt que l’escalade

 

Le communiqué aborde également les tensions avec certains élus territoriaux. Tout en reconnaissant la légitimité de leurs préoccupations, l’ONAS estime que les critiques devraient déboucher sur une concertation effective et des initiatives conjointes, plutôt que se limiter à des déclarations publiques. Pour l’organisme, l’assainissement liquide, la gestion des déchets solides et la préservation du cadre de vie sont étroitement liés. Leur prise en charge exige, selon lui, une coordination renforcée entre les services compétents et les collectivités territoriales. L’appel au dialogue suffira-t-il à apaiser les tensions ? Au-delà des accusations et des justifications, les populations attendent des réponses visibles : des canalisations fonctionnelles, des interventions efficaces et des solutions capables de prévenir le retour des eaux usées dans les quartiers. Dans cette bataille pour l’assainissement, la concertation ne pourra convaincre que si elle se traduit par des résultats concrets.

Mouhamed SY

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