ASSAINISSEMENT DE LA BAIE DE HANN : Les riverains en première ligne face à l’urgence de la dépollution

Exposés aux conséquences de la pollution de la baie de Hann, les riverains attendent des changements durables. Alors que les travaux de dépollution se poursuivent, les associations communautaires veulent faire entendre leurs préoccupations et participer davantage aux décisions. À travers le projet Disso Ci Baie bi, mis en œuvre par le GRET, la concertation s’impose comme un levier pour rapprocher les populations des acteurs du projet et renforcer leur capacité d’action. À Hann, la pollution de la baie n’est pas une simple question environnementale : elle touche directement le cadre de vie des populations riveraines. Pour ces communautés, qui vivent au quotidien avec les conséquences de la dégradation du milieu côtier, l’urgence est de retrouver une baie assainie et un environnement plus sain. Mais au-delà des travaux engagés, une autre attente se fait entendre : celle d’être écoutées, consultées et pleinement associées aux décisions concernant leur territoire. C’est dans ce contexte que s’inscrit la mise en place d’un cadre fédérateur des acteurs communautaires, accompagnée par le projet Disso Ci Baie bi. Pour Aïssatou Sy, responsable du projet au sein du GRET, l’objectif est de renforcer le dialogue entre les associations locales, les industriels, les institutions et les autres parties prenantes de la dépollution. Une démarche qui répond notamment aux difficultés de concertation observées depuis le lancement des activités.
Des associations unies pour porter la voix des riverains
Dans les communes riveraines de la baie de Hann, plusieurs associations se mobilisent pour la protection de l’environnement. Pourtant, malgré leur engagement, leur dispersion limite parfois leur capacité à défendre leurs intérêts et à porter leurs revendications auprès des autorités. Pour remédier à cette situation, le projet Disso Ci Baie bi a engagé, dès juillet, un travail de structuration avec les organisations communautaires. Cette démarche a permis la mise en place de cadres communaux dotés de bureaux en septembre. L’assemblée générale consacrée au cadre fédérateur marque une nouvelle étape : celle du rassemblement des associations autour d’une vision et de préoccupations communes. « Le fait que les associations soient dispersées n’était pas à leur avantage », explique Aïssatou Sy. En se regroupant, les organisations entendent parler d’une seule voix, gagner en légitimité et mieux défendre les intérêts des populations riveraines. Cette union doit également faciliter les démarches de plaidoyer auprès des institutions et des ministères. Faute de moyens ou d’un interlocuteur suffisamment représentatif, certaines associations peinent à faire entendre leurs demandes. Le cadre fédérateur devrait leur offrir un espace commun pour porter leurs préoccupations et interpeller les décideurs sur les enjeux de la dépollution.
Au-delà des travaux, l’urgence d’associer les communautés
Le projet Disso Ci Baie bi intervient sur plusieurs axes : la concertation, l’aménagement, l’accompagnement de la société civile, la gestion des déchets plastiques et l’accompagnement des industriels présents autour de la baie. Cette approche repose sur un enjeu essentiel : faire en sorte que les populations ne soient pas seulement bénéficiaires des travaux, mais aussi actrices du processus de restauration de leur environnement. « Ce qu’elles voudraient, c’est retrouver la baie d’avant », souligne Aïssatou Sy, résumant ainsi les attentes exprimées par les associations communautaires. Lors d’une visite avec l’ONAS, la responsable indique avoir constaté que certains ouvrages avaient atteint des taux d’exécution de 80 % à 90 %. Ces chiffres reflètent ses observations et n’ont pas été vérifiés indépendamment. Si l’avancement des travaux constitue une étape importante, leur appropriation par les communautés reste déterminante. La concertation doit permettre de mieux informer les riverains, de recueillir leurs préoccupations et de favoriser leur adhésion aux infrastructures réalisées. Pour les populations de la baie de Hann, l’enjeu est clair : voir leur environnement restauré, mais aussi être reconnues comme des partenaires à part entière de cette transformation. Avec la mise en place du cadre fédérateur, les associations espèrent disposer d’une voix collective plus forte pour défendre leurs intérêts et contribuer durablement à la dépollution de la baie.
Mohamed SY