Les habitants de Bacco Boof, l’un des villages les plus peuplés de la commune de Tattaguine, ont élevé la voix pour dénoncer leurs difficiles conditions de vie, marquées par l’absence d’électricité dans plusieurs quartiers, le manque d’eau potable, l’insuffisance des infrastructures sanitaires et les difficultés d’accès routier.
Le président du mouvement Bacco Boof-DEBO, Oumar Diop a dénoncé une situation qu’il juge incompréhensible à l’heure où le Sénégal ambitionne de réussir sa transition numérique et son développement économique.
« Nous sommes ici non pas pour demander une faveur, mais pour réclamer un droit fondamental. À l’heure où nos enfants doivent étudier pour construire le Sénégal de demain, une grande partie de notre communauté vit encore dans l’obscurité », a-t-il déclaré.
Selon lui, plusieurs villages de la zone restent privés d’électricité, notamment Roff, Khaoul, Moussante, Keur Gor Loume, Gandiaye, Mbaffaye, Bassisse, Keur Miniane. Il déplore notamment l’inauguration de poteaux électriques dépourvus de raccordement effectif.
« L’électricité n’est pas un luxe, c’est une nécessité. On ne peut pas comprendre qu’un maire vienne inaugurer des poteaux sans lumière et continue à multiplier les promesses non tenues », a-t-il dénoncé.
Au-delà de l’électricité, Oumar Diop a également pointé du doigt le manque d’eau potable qui affecte durement les populations locales et freine les activités agricoles et économiques.
« Sans eau, on ne peut pas produire. On ne peut pas retenir les jeunes ici. Il faut impérativement résoudre ce problème », a-t-il insisté.
Les infrastructures routières figurent également parmi les préoccupations majeures des habitants. Selon lui, plusieurs ponts et pistes sont dans un état qui complique considérablement les déplacements.
« Un camion ne peut pas passer ici, même un car rencontre des difficultés. C’est inadmissible », a-t-il regretté.
Sur le plan sanitaire, le constat est tout aussi préoccupant. Les habitants dénoncent l’absence d’un poste de santé fonctionnel capable de répondre aux besoins d’une population en constante croissance.
« Il n’y a pas d’hôpital ici à Bacco Boof. Nous n’avons qu’une petite case de santé qui ne peut pas satisfaire toute la population. À certaines heures, les portes sont fermées alors que les urgences ne préviennent pas », a-t-il expliqué.
Même inquiétude concernant le secteur de l’éducation où l’école du village ne dispose pas de mur de clôture, exposant les élèves à divers risques.
Pedro Pape, artiste et étudiant, a lui aussi dénoncé les inégalités observées dans l’électrification du village. « Pourquoi certains quartiers sont électrifiés et d’autres laissés dans l’obscurité ? C’est anormal », a-t-il lancé.
Le jeune étudiant a particulièrement insisté sur les conséquences du déficit énergétique sur les études des élèves.
« Beaucoup d’enfants sont obligés de réviser à la lumière des bougies ou des lampes torches. Cela pénalise leur réussite scolaire », a-t-il souligné.
Il a également évoqué les difficultés quotidiennes des femmes contraintes de parcourir de longues distances pour s’approvisionner en eau.
Face à cette situation, les populations de Bacco Boof ont lancé un appel solennel au Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, ainsi qu’aux autorités compétentes, notamment à la direction de l’électrification rurale (ASER), afin que des solutions durables soient apportées aux problèmes d’électricité, d’eau, de santé et d’infrastructures qui freinent le développement de leur localité.
Seneweb