CANNE BLANCHE POUR UNE ÉDUCATION INCLUSIVE : 246 tablettes braille annoncées pour les élèves aveugles et malvoyants

À l’occasion de la Journée internationale de la canne blanche, célébrée le 15 octobre à l’Arène nationale autour du thème « Canne blanche, stop », l’État du Sénégal a annoncé la prochaine distribution de 246 tablettes braille, d’une valeur de 12,5 millions de FCFA, au profit des élèves aveugles et malvoyants. Une mesure qui s’inscrit dans les efforts visant à renforcer l’inclusion et l’accès à l’éducation des personnes en situation de handicap visuel. L’État entend renforcer son accompagnement des personnes atteintes de déficiences et de pathologies visuelles.
C’est l’engagement réaffirmé par Adama Diouf, conseiller technique du ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités, lors de la célébration officielle de la Journée internationale de la canne blanche, le 15 octobre à l’Arène nationale. À cette occasion, il a annoncé la prochaine distribution de 246 tablettes braille, pour un montant de 12,5 millions de FCFA, destinées aux élèves aveugles et malvoyants. Cette dotation vise à améliorer leurs conditions d’apprentissage et à favoriser leur accès aux outils éducatifs adaptés. Au-delà de cette annonce, Adama Diouf a rappelé l’ampleur du handicap visuel au Sénégal, en s’appuyant sur les données du cinquième Recensement général de la population et de l’habitat (RGPH-5) de 2023, réalisé par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD). Selon ces chiffres, la prévalence nationale du handicap est estimée à 7,3 % chez les personnes âgées d’un an et plus.
Les difficultés à voir constituent la limitation la plus fréquemment déclarée, avec un taux de 3,9 %, devant les difficultés à marcher (3,7 %). Chez les personnes âgées de 65 ans et plus, les difficultés visuelles concernent 24,3 % de cette population. Le conseiller technique a également souligné que le handicap touche davantage les femmes, avec une prévalence de 7,8 %, contre 6,8 % chez les hommes. Les proportions sont, en revanche, presque identiques entre les milieux urbain et rural. Pour Adama Diouf, ces indicateurs soulignent la nécessité de renforcer les stratégies de prévention et de prise en charge, tout en garantissant le respect des droits fondamentaux des personnes aveugles et malvoyantes. Il a également rappelé que les estimations de l’ancien coordonnateur du Programme national de lutte contre la cécité situaient la prévalence de la cécité au Sénégal entre 1 % et 1,7 %, voire 2 %. Le représentant du ministère s’est par ailleurs félicité de la place accordée à l’inclusion des personnes handicapées dans l’agenda national de transformation. Il a notamment évoqué l’Axe 2 de la Stratégie nationale de développement, consacré au « Capital humain de qualité et à l’équité sociale ».
Dans cette dynamique, plusieurs chantiers sont en cours, notamment la finalisation des textes d’application de la loi d’orientation sociale relative au handicap, l’organisation de concertations nationales sur la question ainsi que l’élaboration d’une stratégie nationale de promotion et de protection des personnes handicapées. Selon Adama Diouf, la validation institutionnelle de cette dernière devrait intervenir prochainement.
De son côté, Abdou Kogna Diop, président de la Convergence des aveugles pour l’unité, la solidarité et l’entraide, a salué les efforts consentis par l’État en faveur des personnes handicapées. Il a toutefois appelé les autorités à aller plus loin afin de répondre davantage aux besoins des personnes vivant avec une déficience visuelle. La célébration de cette journée a ainsi permis de remettre en lumière les défis liés à l’autonomie, à l’éducation et à l’inclusion sociale des personnes aveugles et malvoyantes, pour lesquelles l’accès aux équipements adaptés et la pleine effectivité des droits restent des enjeux majeurs.
El Malick