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CIMETIÈRE BAKHYA DE YOFF : 31 tombes, autant de familles suspendues à un espoir

Trente-et-un corps non identifiés ont été inhumés dimanche au cimetière Bakhya de Yoff. Si leur identité reste inconnue, cette cérémonie rappelle le drame des disparitions en mer et l’attente interminable de familles qui espèrent encore voir revenir un fils, un frère ou un père parti à la recherche d’un avenir meilleur.

Il est des maisons où la porte reste entrouverte. Des mères qui gardent un téléphone allumé jour et nuit, dans l’espoir d’un appel. Des pères qui scrutent chaque embarcation revenant de la mer. Des enfants qui demandent encore : « Papa rentre quand ? » Pendant que l’océan garde ses secrets, l’espoir, lui, refuse souvent de mourir.
Dimanche 2 août, au cimetière Bakhya de Yoff, trente-et-un corps de personnes non identifiées ont été portés en terre par l’Association pour la Perfection et la Miséricorde.

Une inhumation collective organisée afin d’offrir une sépulture digne à des défunts restés plusieurs semaines, voire plusieurs mois, dans les morgues de Dakar, faute d’avoir été identifiés ou réclamés.
Les autorités n’ont pas établi que ces 31 corps étaient tous ceux de migrants. Mais cette cérémonie intervient dans un contexte où les départs clandestins vers les îles Canaries continuent de coûter la vie à de nombreux jeunes Sénégalais et ressortissants ouest-africains. Chaque naufrage laisse derrière lui des familles sans réponses, condamnées à vivre entre l’espérance et le deuil.

Pour beaucoup de proches, l’absence est plus douloureuse que la certitude. Sans corps, sans tombe, sans explication, ils continuent d’attendre un retour qui ne viendra peut-être jamais. L’océan, lui, ne restitue pas toujours ceux qu’il emporte. En offrant une sépulture à ces inconnus, les bénévoles accomplissent un geste profondément humain. Mais ces trente-et-une tombes rappellent aussi l’urgence de mieux prévenir les départs irréguliers, de combattre les réseaux de passeurs et de redonner espoir à une jeunesse qui continue de croire que l’horizon se trouve de l’autre côté de la mer. À Yoff, les noms manquent sur les pierres tombales. Mais derrière chacune d’elles se cache peut-être une famille qui attend encore, le regard tourné vers l’océan.

Mohamed SY

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