Le maire de Pikine Nord, Amadou Diarra, a décidé de porter sur la place publique le différend qui oppose sa commune au cabinet CGES ainsi que le conflit né de l’inscription d’office d’une créance de 111 millions de FCFA dans le budget communal.
L’édile affirme que ces procédures compromettent la mise en œuvre de plusieurs programmes sociaux et investissements destinés aux populations. La mairie de Pikine Nord traverse une zone de turbulences. Face aux journalistes, le maire Amadou Diarra a exposé les raisons d’un contentieux qu’il estime lourd de conséquences pour la gestion de la collectivité. Selon lui, deux dossiers distincts sont à l’origine des difficultés actuelles : un litige contractuel avec le cabinet CGES et une décision de l’autorité de tutelle ayant modifié le budget communal. Le premier dossier remonte à un contrat signé sous l’ancienne équipe municipale dirigée par Momar Fall. Il concernait la réalisation d’un portail numérique de la commune, la formation d’agents municipaux et la maintenance de cette plateforme. À son arrivée à la tête de la municipalité, Amadou Diarra explique avoir refusé d’autoriser le règlement des factures sans s’assurer de la réalité des prestations.
Les contrôles effectués par les services municipaux auraient mis en évidence plusieurs insuffisances. La commune évoque notamment l’absence de justificatifs attestant la formation des agents, le manque d’attestations remises aux bénéficiaires, des témoignages d’agents affirmant n’avoir jamais participé aux sessions annoncées, ainsi que des interrogations sur le procès-verbal de réception et sur le site internet objet du marché. Un audit informatique a été réalisé et, selon le maire, ses conclusions serviront de base aux actions judiciaires envisagées.
Le second différend porte sur l’inscription d’office, dans le budget 2026, d’une créance de 111 millions de FCFA réclamée à la commune. Amadou Diarra soutient que cette créance reste contestée puisqu’une procédure d’appel est toujours pendante devant la justice.
Il estime également que l’arrêté de règlement du budget pris en mars 2026 est intervenu hors des délais prévus par le Code général des collectivités territoriales. D’après le maire, cette décision a entraîné une réduction de crédits initialement votés par le Conseil municipal, affectant aussi bien les dépenses de fonctionnement que plusieurs projets d’investissement.
À la suite d’une concertation avec les élus municipaux, la commune a introduit un recours en annulation ainsi qu’une demande de suspension devant la Chambre administrative de la Cour suprême. Amadou Diarra rappelle que cette juridiction a ordonné la suspension de l’exécution de l’arrêté en attendant de se prononcer sur le fond de l’affaire. Malgré cette décision, le maire affirme que plusieurs blocages administratifs persistent et retardent l’exécution de certaines délibérations budgétaires. Il redoute que cette situation ne pénalise les associations sportives et culturelles, les Badiénou Gokh, les imams, les chefs de quartier, les manifestations religieuses, ainsi que des projets dans les secteurs de la santé, de l’éducation et des infrastructures, notamment la reconstruction du poste de santé Birama Scellé Ndiaye. Tout en réaffirmant sa confiance dans la justice sénégalaise, Amadou Diarra assure que la commune poursuivra la défense de ses intérêts par les seules voies légales. Il promet de prendre toutes les mesures juridiques nécessaires à l’issue des procédures en cours afin de préserver les ressources et les intérêts de Pikine Nord.
Par Mohamed SY