La Haute Cour de justice a décidé, ce mardi 28 juillet 2026, de lever le bracelet électronique de l’ancien ministre de la Justice, Ismaïla Madior Fall ainsi que son assignation à résidence, tout en renvoyant l’examen du fond de l’affaire à l’issue des vacances judiciaires.
Une décision qui allège considérablement les mesures restrictives imposées à l’ancien garde des Sceaux depuis plus d’un an, sans pour autant mettre fin aux poursuites pour corruption présumée. Cette décision intervient après plusieurs demandes de mainlevée rejetées par la commission d’instruction au cours des derniers mois. En mai 2026 encore, une requête similaire avait été écartée, maintenant les restrictions imposées à l’ancien garde des Sceaux. Si les mesures de contrôle judiciaire sont levées, les poursuites engagées contre Ismaïla Madior Fall demeurent. L’ancien ministre est poursuivi pour association de malfaiteurs, corruption, tentative d’extorsion de fonds, concussion et prise illégale d’intérêts.
L’affaire porte sur un projet de construction d’infrastructures évalué à 576 millions FCFA. Selon les accusations de l’entrepreneur Cheikh Guèye, l’ancien ministre aurait réclamé 250 millions FCFA, dont 50 millions auraient été remis en espèces. Des allégations que l’intéressé rejette catégoriquement, affirmant n’avoir reçu « aucun centime ». L’audience a également été marquée par l’entrée de deux nouveaux avocats dans le collectif de défense dont Me El Hadj Diouf et Me Ibrahima Mbengue. À peine constitués, les deux conseils ont sollicité un renvoi, estimant ne pas avoir eu le temps de consulter les pièces du dossier. « Je viens d’être constitué par monsieur Ismaïla Madior Fall. Je n’ai pas encore eu accès au dossier », a plaidé Me Diouf. Déjà membre de l’équipe de défense, Me Ciré Clédor Ly a soutenu cette requête en soulignant que certaines questions liées au dossier demeurent pendantes devant une autre juridiction dans le cadre de la procédure impliquant Cheikh Guèye. L’avocat a également demandé la levée du bracelet électronique imposé à son client.
Face à ces demandes, le procureur général près la Haute Cour de justice, Jean-Louis Paul Toupane, a indiqué que le ministère public ne s’opposait pas au renvoi. « Le dossier est en état. Tous ceux qui ont pris le risque de se constituer à l’audience n’ont qu’à en assumer la responsabilité », a-t-il déclaré, avant de préciser que le parquet général « s’en rapporte à la sagesse » de la juridiction. Après une suspension d’audience consacrée au délibéré, la Haute Cour a décidé de renvoyer l’examen de l’affaire à l’issue des vacances judiciaires.
Concernant la demande de mainlevée du bracelet électronique, le président de la Haute Cour a rappelé qu’elle avait été initialement jointe au fond. La juridiction a finalement décidé de la disjoindre avant d’ordonner la levée de cette mesure de contrôle judiciaire. Cette décision constitue un tournant dans la procédure visant Ismaïla Madior Fall. Si l’ancien ministre retrouve désormais sa liberté de mouvement, il reste néanmoins sous le coup de poursuites pénales. Le procès sur le fond devra désormais déterminer sa responsabilité dans les faits de corruption présumée qui lui sont reprochés.