mardi 20 octobre 2026 · Dakar Rédaction WhatsApp
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CRISE INSTITUTIONNELLE AU SÉNÉGAL : Sonko menace de rejeter la Loi de finances rectificative

Aziz Watt

Le Sénégal traverse une zone de fortes turbulences politiques. La menace formulée par la majorité parlementaire du Pastef, sous l’impulsion d’Ousmane Sonko, de rejeter la Loi de Finances Rectificative (LFR) fait peser le risque d’une paralysie de l’appareil d’État. Face à cette situation, l’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale par le président Bassirou Diomaye Faye apparaît désormais comme l’issue institutionnelle la plus probable pour surmonter la crise.

Le budget, arme fatale du conflit exécutif-législatif

Depuis la rupture de mai 2026 marquée par le limogeage d’Ousmane Sonko de son poste de Premier ministre, les relations entre la présidence de la République et l’Assemblée nationale se sont enlisées dans une logique d’affrontement systématique. Le refus annoncé de voter la LFR représente le paroxysme de cette dualité de pouvoir. En privant l’exécutif des ajustements budgétaires nécessaires à la conduite des affaires publiques, la majorité parlementaire bloque le fonctionnement régulier de l’État. Pour le gouvernement, l’enjeu n’est plus seulement politique, il devient structurel et financier.

Éviter le blocage institutionnel

Le président Bassirou Diomaye Faye a récemment réaffirmé que sa priorité absolue demeurait la « fluidité de la communication entre les institutions ». Or, l’impasse budgétaire actuelle contredit directement cet objectif. Si la LFR est définitivement rejetée, le gouvernement se retrouvera privé de sa liberté d’action économique.

Dans cette configuration, la Constitution sénégalaise offre au chef de l’État un mécanisme d’arbitrage : la dissolution de l’Assemblée nationale. Loin d’être une simple manœuvre de revanche politique, cette décision s’impose de plus en plus comme la seule option constitutionnelle permettant de trancher le nœud gordien du conflit de pouvoir et d’éviter un blocage total des services publics. Toutefois, il ne faut pas occulter que si le chef de l’Etat décide de dissoudre l’Assemblée, il a l’obligation de fixer précisément la date du nouveau scrutin directement dans le décret portant dissolution de l’Assemblée nationale.

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