Votre site d'informations généraliste

DÉSENCOMBREMENT DES VOIES PUBLIQUES: La question divise les habitants de Keur Massar

Malgré la révolte des marchands ambulants qui se sont opposés aux mesures de l’autorité pour désengorger les voies publiques, la mairie de Keur Massar reste toujours intransigeante dans sa décision. Alors que ces commerçants ont de nouveau regagné les trottoirs au lendemain de la fête de tabaski, la collectivité a décidé de confier les opérations à des jeunes résidents dans la commune. Ces derniers sont en effet, chargés de superviser quotidiennement les marchands ambulants afin de les empêcher d’occuper les voies publiques.

La série d’opérations pour désencombrer la voie publique à Keur Massar avait commencé juste à l’approche de la fête de tabaski. Une opération qui avait créé une tension entre le maire de la commune, Bilal Diatta, et les marchands ambulants, furieux de voir leurs petits commerces s’arrêter. La fête de tabaski passée, ces derniers sont revenus dans les lieux afin de pouvoir reprendre leurs activités commerciales. Mais cette fois-ci, à la place d’un déguerpissement, c’est une supervision qui a été mise en place par la mairie pour accompagner ces marchands ambulants.

Cette équipe constituée de plusieurs jeunes a pour rôle d’effectuer des rondes dans les marchés et aux alentours afin de vérifier si les ambulants ont respecté les termes d’accord, c’est-à-dire poursuivre leurs commerces sans occuper les voies publiques. « Notre travail démarre vers 9 heures. Cependant pour les commerçants qui occupent les trottoirs, nous sommes chargés de leur demander de se lever. Maintenant au cas où ils s’opposent, nous agissons en force prenant leurs bagages et aller les déposer dans la mairie. Cependant si le marchand se met à être violent ou indiscipliné on sera dans l’obligation de garder les bagages dans le dépôt à une ou deux semaines même », souligne l’un des gardes sous l’anonymat. Poursuivant sur cette lancé, ce dernier précise : « On n’empêche pas les ambulants de faire leur travail, mais de ne pas occuper les trottoirs et d’empêcher la circulation. Quant à eux, ils occupent le marché très tôt. Ainsi nous avons un peu réussi à gagner un combat face aux commerçants qui occupent les trottoirs car il suffit qu’ils nous voient, et ils se pressent à se déplacer ».

Du côté des marchands ambulants, la volonté est commune. Tout ce qu’ils souhaitent c’est de travailler en paix sans problème. « Nous sommes revenues ici car c’est la seule chose qu’on s’est faire. Si nous avions d’autres occupations on ne serait pas là à courir avec les gardes et revenir. Notre objectif n’est pas d’occuper anarchiquement le marché. Nous demandons à la mairie de nous laisser venir tous les jours ou bien de nous trouver un emplacement », explique Ibrahim, un des marchands ambulants. Pour Saly, vendeuse de “made”, les bénéfices ne sont plus comme avant, car maintenant ils passent leur temps à courir avec les gardes qui les empêchent d’occuper les trottoirs. « On arrive plus à compter de bénéfice, on perçoit plus ce qu’on produit aujourd’hui. Une fois venue, nous sommes dans l’obligation de courir avec les gardes afin de ne pas les laisser emporter nos marchandise », regrette-t-elle.

Cette situation à laquelle marchands et autorités se sont mis d’accord semble plutôt gêner certains habitants de la commune de Keur Massar Sud qui dénoncent l’envahissement du marché et des voies publiques. « Malheureusement la mairie de Keur Massar Sud avait bien démarré mais les marchands ambulants ont commencé à revenir depuis. Nous avons même des problèmes pour circuler normalement, déplore Amy Sene. Un avis pas partagé par Lassana Sy qui pour sa part, estime que l’occupation anarchique de la ville est compréhensible dans la mesure où ces jeunes sont dans la débrouillardise. « Ils ne font rien de mal. Au contraire, ils sont à encourager. Car ils jouent un rôle important dans la chaîne de production économique du pays », justifie M. Sy.

Le monde informel fait partie de notre système économique. Cependant, malgré le contrôle des gardes, les marchands ambulants continuent à envahir la voie publique avec leurs lots de marchandises.

laissez un commentaire