DR IBRAHIMA SALL DG DES ADS EN MARGE DE L’INAUGURATION DE L’AUTOROUTE MBOUR-KAOLACK « L’enjeu est désormais d’assurer une exploitation efficace et de garantir la sécurité de tous les usagers »
À l’occasion de l’ouverture de l’autoroute Mbour-Kaolack, le Directeur général des Autoroutes du Sénégal (ADS), Dr Ibrahima Sall, nous a accordé un entretien exclusif dans lequel il livre un éclairage sur les principaux enjeux de cette nouvelle infrastructure. Il est également revenu sur l’interopérabilité du péage, les tarifs, la gestion du trafic, les retombées économiques, la sécurité et la divagation des animaux entre autres. Il a aussi apporté des réponses aux nombreuses interrogations suscitées par ce la gestion de ce tronçon stratégique de 100 kilomètres.
Entretien !
Le tronçon Mbour-Kaolack est désormais ouvert. Quelles sont ses principales caractéristiques ?
Il s’agit d’un tronçon autoroutier de 100 kilomètres qui vient compléter la section AIBD-Mbour de l’autoroute A1. L’axe comprend notamment trois sorties principales, à Thiadiaye, Fatick et Kaolack, à travers trois échangeurs. La section Mbour-Thiadiaye était déjà ouverte à la circulation depuis trois mois.
Les usagers pourront-ils utiliser leurs cartes de péage habituelles sur ce nouvel axe ?
Oui. Le tronçon Mbour-Kaolack est interopérable avec les axes AIBD-Mbour et AIBD-Thiès-Touba. Les cartes Xeweul utilisées sur ces différents tronçons restent donc valables sur l’autoroute Mbour-Kaolack, et réciproquement.
L’arrivée d’un important flux de véhicules à Kaolack ne risque-t-elle pas d’aggraver les difficultés de circulation dans la ville ?
Il existe effectivement certaines difficultés, particulièrement en période de forte affluence comme lors du Gamou. Toutefois, la finalisation du contournement de Kaolack devrait permettre une meilleure diffusion du trafic. Les véhicules à destination de Kaffrine et des localités situées au-delà n’auront plus besoin de traverser le centre-ville.
Qu’en est-il des tarifs appliqués aux usagers ?
Le coût kilométrique sur ce tronçon est fixé à environ 30 FCFA, ce qui le rend compétitif par rapport aux axes auxquels il est raccordé, où le coût varie entre 37 et 50 FCFA par kilomètre.
Le projet est-il financièrement rentable ?
Selon les hypothèses pessimistes retenues dans le modèle financier, le projet présente un taux de rentabilité interne de 13 %. Son indice de profitabilité est évalué à 1,34, ce qui signifie que chaque franc investi devrait générer un retour de 34 centimes. Au-delà des recettes directes, l’autoroute devrait également produire des retombées économiques importantes.
Quels seront concrètement les bénéfices pour les populations et l’économie ?
Le gain de temps est estimé à au moins 50 % par rapport à la Nationale 1. L’autoroute devrait aussi permettre des économies de carburant, contribuer à la valorisation foncière le long de son tracé, faciliter le déplacement des biens et des services et réduire les coûts d’exploitation des véhicules.
La sécurité des usagers est-elle suffisamment assurée sur cet axe ?
L’autoroute est équipée de caméras permettant une surveillance permanente sur plus de 80 % du tronçon. Des PME assurent également les opérations de viabilité et de sécurité, avec des véhicules de patrouille et de remorquage disponibles 24 heures sur 24. Des caméras intelligentes doivent par ailleurs être installées dans les trois prochains mois, dans le cadre d’un projet pilote de système de transport intelligent.
Des inquiétudes persistent cependant concernant la présence d’animaux sur certains secteurs de l’autoroute. Que dites-vous de cette situation ?
L’autoroute est entièrement clôturée, mais elle traverse de nombreux villages, avec parfois des habitations situées à proximité immédiate des grillages. Des coupures peuvent ainsi survenir, ce qui explique la présence ponctuelle d’animaux dans certaines zones. Des mesures sont en cours pour fermer et sécuriser les brèches. Une brigade animalière a déjà été mise en place, accompagnée d’un début de campagne de sensibilisation auprès des riverains.
Pour conclure, quel message adressez-vous aux usagers ?
Cette infrastructure constitue un nouvel outil de mobilité et de développement. Elle permettra de réduire considérablement les temps de parcours, de fluidifier le transport des personnes et des marchandises et de renforcer les connexions entre plusieurs pôles économiques du pays. L’enjeu est désormais d’assurer une exploitation efficace et de garantir la sécurité de tous les usagers.
Le Grand Panel
Par El Malick