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ECOLES SOUS LES EAUX : La COSYDEP réclame des solutions durables

Aziz Watt

Le report de la rentrée scolaire a été reporté au 12 octobre 2026 à cause de fortes inondations dans plusieurs localités du Sénégal. Face à cette situation d’urgence, la Coalition des organisations en synergie pour la défense de l’éducation publique (COSYDEP) alerte sur les conséquences de ces inondations sur les établissements scolaires, la continuité pédagogique et le droit à l’éducation.

La COSYDEP exprime ainsi sa préoccupation face aux dégâts provoqués par les intempéries, qui ont touché des familles et des écoles et occasionné des pertes en vies humaines ainsi que d’importants dégâts matériels. Elle considère que la situation rappelle le lien étroit entre l’école et son environnement social : lorsqu’une communauté est affectée, le système éducatif l’est également. Pour l’organisation, le report de la rentrée constitue une opportunité pour mieux préparer les établissements. Le délai supplémentaire doit notamment permettre d’améliorer les conditions d’accueil, de sécurité, d’hygiène et de protection des élèves et des personnels.

La date du 12 octobre doit toutefois être accompagnée d’un dispositif de suivi permettant de vérifier les conditions d’une rentrée effective sur l’ensemble du territoire et de développer, lorsque nécessaire, des alternatives éducatives adaptées. L’analyse de la COSYDEP s’appuie notamment sur une cartographie des écoles exposées aux inondations, initiée en 2009 avec l’appui de l’UNICEF et mise à jour en 2025 en collaboration avec le ministère de l’Éducation nationale. Elle couvre notamment les régions de Dakar, Saint-Louis et Kaolack. L’objectif est d’identifier les établissements exposés afin de permettre une meilleure planification des réponses et de limiter les effets des inondations sur le droit à l’éducation.

Les résultats font apparaître des niveaux de vulnérabilité variables. Saint-Louis est présentée comme la région la plus exposée, avec 46,8 % de ses écoles classées dans les catégories à haut ou très haut risque. Kaolack arrive en deuxième position, avec 33,5 % des établissements situés dans des zones à haut risque et la plus forte concentration d’écoles classées en zone rouge. À Dakar, cette proportion est évaluée à 17,4 %.

À Saint-Louis, la vulnérabilité est notamment liée à la configuration géographique de la région, située entre le fleuve et l’océan, tandis qu’à Kaolack, la proximité des marigots et du fleuve constitue un facteur majeur de risque. La COSYDEP estime que les établissements les plus exposés nécessitent des réponses allant au-delà des mesures ponctuelles, notamment des solutions durables et, dans certains cas, des relocalisations stratégiques. Au-delà des dégâts matériels, les inondations affectent directement le fonctionnement des écoles. Selon la cartographie présentée par la COSYDEP, 88 % des inondations recensées durent plus de deux semaines. Cette durée entraîne une réduction du quantum horaire dans 58,7 % des cas, une détérioration du matériel pédagogique dans 44,6 % des situations et, dans les cas les plus graves, une suspension complète des cours dans 21,7 % des établissements concernés.

Les conséquences dépassent les seules infrastructures. Des élèves peuvent être confrontés à l’inondation de leur domicile, à celle de leur établissement, à des difficultés de déplacement ou encore à l’occupation de leur école par des sinistrés. Cette situation peut entraîner retards, absences, transferts d’élèves, perte de matériel et, dans certains cas, abandon scolaire.

Pour des réponses structurelles

Face à la récurrence du phénomène, la COSYDEP appelle à sortir d’une logique exclusivement ponctuelle. Elle recommande notamment la relocalisation des établissements les plus exposés, l’amélioration des réseaux de drainage, la surélévation des bâtiments scolaires, le pavage des cours et l’utilisation de matériaux adaptés aux zones humides. L’organisation préconise également la mise en place de comités locaux de gestion des risques, l’élaboration de plans de contingence dans les établissements, l’installation de systèmes d’alerte précoce et l’identification de sites d’accueil alternatifs. Elle insiste aussi sur la formation des personnels et des communautés à la gestion des risques et aux premiers secours.

Sur le plan pédagogique, la COSYDEP propose d’intégrer l’éducation aux risques d’inondation dans les programmes scolaires, de renforcer l’accompagnement des élèves affectés et de sécuriser les données scolaires. Elle suggère également de réfléchir à des rentrées scolaires graduées et adaptées aux réalités locales plutôt qu’à un calendrier uniforme, ainsi qu’à un programme spécial de suivi médical dans les écoles touchées. Pour la Coalition, la récurrence des inondations impose désormais une action concertée et durable. La protection de l’école face aux risques passe, selon elle, par la combinaison de solutions techniques, d’une meilleure anticipation et d’une mobilisation effective de l’ensemble des acteurs concernés.

 

El Malick

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