ENQUÊTE PARLEMENTAIRE SUR LE FONCIER : Les maires de Ouakam, Ngor et Yoff livrent leurs versions

La commission d’enquête parlementaire dirigée par le député Oumar Sy a auditionné, ce lundi 26 octobre 2026, les maires de Ouakam, Ngor et Yoff sur plusieurs dossiers fonciers sensibles, dont ceux du Hangar des Pèlerins, de Recasement 2 et de la BOA. Les échanges ont également porté sur la gestion du domaine public maritime (DPM), les autorisations de construire et les prérogatives des collectivités territoriales.
Dès l’ouverture des auditions, la commission a rappelé les principes de rigueur, d’impartialité et de transparence devant encadrer ses travaux. Les élus ont notamment été invités à appuyer leurs déclarations par des pièces justificatives et à distinguer les faits directement constatés des informations obtenues auprès de tiers.
Au cours des échanges, les trois maires ont affirmé n’avoir pas été associés aux dossiers concernés depuis leur installation en 2022. Ils ont également indiqué que les documents transmis lors des passations de service ne faisaient aucune mention de ces affaires. Selon leurs déclarations, les interpellations adressées aux services de l’État sur ces questions sont, jusqu’à présent, restées sans réponse. Les dossiers du Hangar des Pèlerins, de Recasement 2 et de la BOA ont ainsi été au centre des discussions.
Le maire de Yoff, Seydina Issa Laye Samb, a notamment attiré l’attention de la commission sur des terrains qu’il présente comme appartenant à la commune, situés dans le périmètre du Hangar des Pèlerins et concernés par un projet de construction d’une gendarmerie. Ces déclarations devront être confrontées aux archives et aux documents administratifs afin de permettre à la commission d’établir les faits et de déterminer les responsabilités éventuelles, sans préjuger de ses conclusions.
La gestion du domaine public maritime a également occupé une place importante dans les auditions. Le maire de Ngor, Magueye Ndiaye, a évoqué les démarches engagées par l’ancien Premier ministre en faveur de la récupération du littoral, dans le prolongement des positions qu’il défendait lorsqu’il était dans l’opposition. Il a notamment rappelé les critiques visant l’occupation de fait de certains espaces du littoral et la restriction de l’accès aux plages pour les populations. Les discussions ont porté sur les responsabilités des collectivités territoriales, la délivrance des autorisations et les moyens de préserver l’accès public au littoral.
Les élus ont, par ailleurs, exprimé des préoccupations concernant la place accordée à certains promoteurs étrangers dans les projets d’aménagement, estimant que les acteurs locaux ne bénéficieraient pas toujours des mêmes opportunités. Ils ont néanmoins reconnu que les activités de certains promoteurs contribuent à l’emploi de milliers de jeunes Sénégalais, tout en soulevant des interrogations sur la régularité des autorisations délivrées.
Au-delà des dossiers particuliers, les maires ont soulevé la question de leurs prérogatives en matière de gestion foncière et d’urbanisme. Ils ont notamment critiqué le mécanisme permettant au sous-préfet de délivrer une autorisation de construire en cas de refus de signature du maire. Selon eux, cette disposition est susceptible de limiter la maîtrise des communes sur l’aménagement de leur territoire et d’avoir des conséquences sur leurs recettes. Ils ont ainsi plaidé pour une réforme foncière qui renforcerait les compétences des élus locaux et garantirait une plus grande implication des populations dans les décisions relatives à l’utilisation des terres.
À l’issue de cette séance, les vérifications se poursuivent. Les documents qui n’ont pas été présentés lors des auditions pourront être transmis ultérieurement à la commission pour compléter l’examen des dossiers. Les déclarations des maires devront être recoupées avec les pièces administratives disponibles avant toute conclusion sur d’éventuelles irrégularités.